Auteur : Arthur

  • De la mode parisienne à la protection de l’oiseau le plus rare de Nouvelle-Zélande

    De la mode parisienne à la protection de l’oiseau le plus rare de Nouvelle-Zélande

    Kia ora ! Aujourd’hui cela fait exactement trois ans que je suis arrivé en Nouvelle-Zélande.

    Il y a 3 ans j’étais perdu dans une ville de béton, seul et gravitant dans le milieu de la photo commerciale et de mode. Vivant dans une industrie de la consommation, alors que le monde s’effondre un peu plus chaque jour … J’ai donc décidé de tout quitter pour faire quelque chose de plus utile, nourrissant l’espoir qu’un jour peut-être, je pourrais travailler dans la protection de l’environnement.

    Aujourd’hui ? Je suis Tara iti Ranger pour le Department of Conservation, le ministère de la protection de la vie sauvage en Nouvelle-Zélande. Je passe mes journées sur une magnifique plage à surveiller et protéger l’oiseau natif le plus rare de Nouvelle-Zélande. Il reste seulement 37 individus dans le monde.

    Honnêtement, je n’arrive toujours pas à y croire. Quelqu’un m’aurait dis cela possible il y a 3 ans je ne l’aurais probablement pas pris au serieux. Mais ça n’a pas été de tout repos, si bien que l’idée d’un petit bilan à fait son chemin. J’espère que cela pourra aider certains ou motiver d’autres à suivre leur rêves ! Alors comment suis-je passé de la photo de mode, à la protection de l’oiseau le plus rare de Nouvelle-Zélande ? Je vous raconte tout !

    Gave up the camera for the scope

    Le volontariat

    Reprendre des études à 30 ans pour travailler dans un secteur qui n’embauche que peu en France ne me semblait pas judicieux. N’ayant pas d’idée précise j’ai donc décidé de partir pour un tour du monde, en mettant l’accent sur la découverte de nouvelles façons de vivre et l’éco-volontariat. La Nouvelle-Zélande donnant beaucoup de moyens pour la protection de l’environnement, cela semblait le parfait lieu pour commencer cette nouvelle aventure. Voici un article sur comment trouver de l’éco-volontariat en Nouvelle-Zélande.

    À peine le temps de mettre à peu près de l’ordre dans mes papiers, faire un nouveau passeport et demander un PVT, me voilà en route pour la Nouvelle-Zélande.

    L’avantage du volontariat est que vous pouvez choisir ce que vous voulez faire. À mon troisième jour, je commencais déjà à travailler pour le Native Bird Rescue of Waiheke et quelques jours après pour Auckland Regional Park à Whakanewha. L’un m’a fait découvrir la vie d’un centre de réhabilitation et le boulot de soigneur animalier, l’autre la vie de garde spécialisé dans la protection de l’environnement, plongeant ainsi directement au coeur de ce que je voulais découvrir.

    New Zealand Dotterel monitoring

    J’ai fais ça à plein temps pendant presque 6 mois et ce fut honnêtement le meilleur été de ma vie. J’y ai rencontré de nombreuses personnes toutes plus inspirantes les unes que les autres, passant mes journées à soigner des oiseaux natifs ou à crapahuter dans le bush pour protéger la faune et flore sauvage. Si j’ai pu faire du volontariat pendant si longtemps c’est parce que je vivais en van. Un super moyen de limiter les frais tout en étant flexible pour aller de volontariat en volontariat.

    Puis le Covid-19 a frappé, étouffant mon projet road-trip néo-zélandais dans l’oeuf, mais aussi toutes possibilités de tour du monde. Si bien que j’ai commencé à me renseigner pour m’installer un peu plus longtemps ici en attendant que le monde se calme, et par la même occasion, finir ce pour quoi j’étais venu.

    Le casse-tête des visas

    Ma première année fut facile, j’avais un PVT (Programme Visa Travail) ou WHV (Work Holiday Visa). C’est un visa fait à la base pour donner aux jeunes la chance de voyager tout pouvant travailler sur place pour financer leur voyage. C’est un visa qui permet de travailler où l’on souhaite pendant un an du coup c’est aussi un petit visa miracle pour ceux qui cherchent à s’installer. La seule condition à remplir c’est d’avoir moins de 30 ans (pour les Français). Mais après cette douce première année de PVT il a fallu trouver un moyen de rester.

    Pour rester il me fallait un nouveau visa. Il y a beaucoup d’options que vous pouvez trouver sur le site de l’immigration. Si vous êtes un peu perdu, demandez une consultation auprès d’immigration advisor, ils sauront vous aiguiller dans cette masse d’informations. Tout dépendra de votre profil, mais en général les gens essaient de trouver un sponsor. Il est très rare de trouver un sponsor dans la protection de l’environnement. Surtout sans diplôme ou solide expérience professionnelle.

    Un sponsor est un employeur qui vous embauchera sous la condition, posée par l’immigration, qu’il n’a pas réussi à trouver de Néo-Zélandais pour le poste qu’il cherchait à pourvoir. Par chance, le monde des « Tradies » (construction, manutention, travaux publics…) et de l’hospitalité (restauration, tourisme …) sont toujours à court de personnel et il est relativement facile d’obtenir un visa dans ces domaines, partout en Nouvelle-Zélande.

    La Nouvelle-Zélande offre des opportunités pour les gens motivés et travailleur, en embauchant et formant les gens même sans expérience. Contrairement en France où il faut un diplôme pour tout, ici ils donnent leur chance à n’importe qui motivé. Ce qui est génial pour les reconversions. J’ai recontré des gens venu sans expérience qui sont maintenant chef, paysagiste, charpentier, manager, prof, ranger … Trade Me Jobs ou Seek sont des classiques pour la recherche d’emploi.

    Trade Me Jobs Screenshot

    De nombreuses personnes passent par ce chemin pour leur première années d’installation avant de pouvoir postuler à des visa plus libre et un jour à la résidence. La résidence est le graal qui permet de rester indéfiniement et de vivre comme si l’on était Néo-Zélandais, c’est la dernière étape avant la citoyenneté. J’ai donc commencé à bosser comme aide-charpentier (Hammerhand) sur Auckland dans une boite qui fait des Tiny Homes.

    Faîtes juste attention à qui vous choisissez comme employeur … Il y a beaucoup d’histoire d’abus envers les immigrés. Il y a des lois qui protègent les immigrants en Nouvelle-Zélande. Même si vous travaillez illégallement vous avez des droits. Si quelque chose ne vous semble pas normal, faites appel à un Community Law Center ou Citizen Advisor Bureau. Ils vous donnent des conseils légaux gratuitement. Et pour tout soucis d’un point de vue immigration, faites appel aux conseils d’un Immigration Advisor (certains ont des français dans leur équipe), ils permettront d’éclaircir votre situation et vous aidez à ce que votre dossier passe alors que vous avez un couac dans votre application. Les deux m’ont énormément aidé.

    Je ne vais pas rentrer dans les détails mais en gros mon premier employeur fut abusif. Ce fut une période énormément stressante qui s’est soldé par la perte de mon visa de travail. Au total, je suis resté presque 9 mois sans pouvoir travailler, avec la peur d’être déporté, de perdre ma vie avec ma partenaire et avec l’obligation d’emprunter beaucoup d’argent pour payer la vie ici.

    Un mal pour deux biens ! Le premier, cela m’a donné beaucoup de temps libre, que j’ai ainsi pu donner à Recreate New Zealand. Recreate NZ est une organisation formidable qui emmène des jeunes avec des handicaps mentaux en week end, camps, découvrir la nature et faire des activités. J’y ai vécu parmi mes plus belles aventures et rencontres Néo-Zélandaises. Le second c’est qu’à la suite de cette histoire, j’ai reçu un énorme soutien de la part des gens rencontrés lors de mes volontariats, si bien que la Nouvelle-Zélande a décidé de me garder. Avec un visa libre cette fois ci ! Avec ça je pouvais enfin commencer à postuler à un travail dans l’environnement.

    Mon parcours professionnel 

    Malheureusement avoir un visa ne fait pas tout. Trouver un travail dans la conservation n’est facile pour personne. Même en ayant la nationalité Néo-Zélandaise et après avoir fais des études dans l’environnement rien n’est garanti. J’ai mis plusieurs mois avant de trouver mon premier job dans la conservation et j’ai bossé comme menuisier en attendant.

    Alors comment augmenter ses chances pour mettre ce premier pied à l’étrier ? Pour ceux qui peuvent faire des études le meilleur moyen est de faire la formation Trainee Ranger avec le NMIT qui est à Nelson. J’aurais rêvé de pouvoir faire cette formation. Cela se fait en partenariat avec le Department of Conservation, c’est une formation pratique qui dure un an. Vous y apprendrez énormément et vous aurez en sortirez avec toutes les certifications et les contacts nécessaires pour votre carrière en tant que Ranger. Personnellement, n’ayant appris l’existence de cette formation que trop tard, j’ai trouvé ma réponse dans le volontariat.

    NMIT Trainee Ranger Course with the Department of Conservation

    Même avec une formation ou un diplôme, le volontariat a un gros impact sur votre CV. Il montre votre motivation et vous y gagnerez de nombreuses compétences pratiques qui manquent souvent à une formation universitaire. Si vous faite cela à plein temps pendant un petit moment vous aurez presque les mêmes missions et la même autonomie qu’un professionnel. Et vous pourrez ainsi démontrer d’une expérience concrète dans le domaine lors du processus d’embauche.

    En 2 ans j’ai cumulé presque 2000h de volontariat dont 1500h dans la conservation. Cela m’a permis d’acquérir des compétences dans de nombreux domaines :

    • En rehabilitation d’oiseaux natifs avec le Native Bird of Waiheke
    • En surveillance d’oiseaux menacées, piégeages de nuisible, contact avec le public dans des zones protégées et diverses tâches courantes d’éco-gardes avec Auckland Regional Park
    • En management d’espèces en voie d’extinction avec le Department of Conservation sur des îles sanctuaires comme Tiritiri Matangi Island ou sur Kapiti Island
    • En connaissance de flore native en travaillant avec des pépinières d’arbres natifs ou lors de journées de plantage.
    • En social, travaillant avec les communautés de jeunes grâce à Recreate NZ.

    Le fait de travailler comme charpentier puis menuisier était aussi un choix stratégique. Il est souvent recherché chez un Ranger d’avoir un esprit pratique et d’être un peu bricoleur. La Santé et Sécurité, qui est très chère au Department of Conservation, peut aussi se développer dans n’importe quel métier. Regardez les offres d’emplois et les compétences recherchées, peut être que certaines peuvent se développer dans votre actuel métier.

    Après 2 ans et demi à naviguer entre mes visas et mes différents boulots, j’ai enfin décroché mon premier job dans la conservation ! J’ai rejoins Kaitiaki o Ngahere sur Nelson, une entreprise qui fait de la restauration écologique. La restauration écologique consiste à restaurer les habitats en protégeant les forêts natives, enlevant les plantes indésirables, mais aussi en replantant. En gros vous avez les mêmes missions qu’un jardiner, mais ici votre jardin, c’est la forêt, le bush.

    C’est un superbe moyen de commencer votre carrière. Il y a beaucoup plus d’offres dans ce domaine et c’est beaucoup plus accessible. On ne s’y occupe pas d’animaux donc cela intéresse moins les gens. Du coup vous pouvez y entrer sans trop d’expériences et vous aurez beaucoup de formations pratiques incluses. Cela développera votre forme physique, votre connaissance des plantes ainsi qu’énormément de compétences nature : Navigation GPS, randonnée dans l’arrière pays, conduire 4×4 hors des sentiers, traversée de rivières à pied ou en 4×4, comment rester en sécurité dans la nature ou lors d’excursions en hélicoptère.

    Je suis rapidement devenu responsable d’une petite équipe et responsable de la santé et sécurité de la branche. J’ai adoré travailler dans cette entreprise, j’y ai appris énormément et puis ce fut mon premier boulot dans la protection de l’environnement. Payé, non pour détruire, mais pour passer mon temps dans la nature, à la protéger.

    Crossing rivers with 4×4 to get lost in the bush

    Là où vous aurez le plus de chance pour trouver un boulot dans la protection de l’environnement en Nouvelle-Zélande c’est ici : https://conservationjobs.co.nz La plupart des positions disponibles sont postées sur ce site.

    Retournant sur l’île du Nord, j’ai postulé à de nombreuses positions. Ce fut rassurant de recevoir plusieurs offres. Comme quoi mettre le premier pied à l’étrier était vraiment le plus difficile. Et c’est ainsi qu’à ma plus grande surprise je fus sélectionné pour être un Tara iti Ranger (NZ Fairy Tern) pour le Department of Conservation. Je n’en revenais pas … Travailler pour le DOC, à la protection d’un oiseau menacé ! Cela dépassait mon imagination.

    Et la principale raison pour laquelle j’ai été embauché ? Mon volontariat et mon sens de la santé et sécurité au travail. Les missions avec Whakanewha sur Waiheke Island, lorsque je surveillais les NZ Dotterels sont presques identiques à celles d’un Fairy Tern Ranger, ce qui a beaucoup plu au panel de recrutement.

    En bref

    En bref. Je travaille avec une superbe équipe à sauver espèce en danger imminent d’extinction. Du côté visa, je viens de recevoir ma Résidence ! Je me suis fais des amis aux quatres coins de la Nouvelle-Zélande et vis avec la personne que j’aime. Je suis heureux et je n’aurais pas cru cela possible.

    Ce voyage en Nouvelle-Zélande m’a permis de rencontrer des gens incroyables et de vivre des expériences inoubliables. Partir fut la plus belle des décisions. De, seul dans une ville malade, à, entouré de gens bienveillant et de nature. Le voyage et le volontariat m’ont offert cela. Je recommande le volontariat à tout le monde. J’aurais aimé découvrir cela plus jeune, avant même de commencer mes études. Et si vous ne savez pas quoi faire, voyagez !

    Il est parfois difficile de trouver sa place dans le monde et j’espère que cet article pourra vous donner de l’inspiration si vous aussi, vous vous sentez bloqué comme je me suis senti bloqué pendant tant d’années. Si il y avait une chose à retenir de cet article, c’est que vous pouvez changer, c’est possible. Même sans étude, même sans expérience, même à 33 ans.

    Pour finir, une petite citation que j’ai mis trop d’années à vraiment comprendre :

    On a deux vies, et la deuxième commence le jour où l’on se rend compte qu’on n’en a qu’une.

    Confucius

    Tara iti – NZ Fairy Tern – rarest bird in New Zealand

  • Nestor kea : Nestor notabilis

    Nestor kea : Nestor notabilis

    Kia ora ! Aujourd’hui je vous emmène à la découverte du fameux Nestor kea, ou plus simplement Kea, en Maori. Le Kea est le seul perroquet montagnard du monde et c’est un immanquable de la Nouvelle-Zélande. Son côté joueur en fait un des oiseaux préférés des visiteurs de l’Île du Sud. À mon sens, il vaut à lui seul de s’aventurer dans les regions reculées des fameuses Southern Alps. Je vous invite à cliquer sur les différents liens au fur et à mesure pour en savoir plus.

    Kea – Nestor notabilis

    C’est un oiseau très curieux, qui explore et teste ses limites en permanence. Résultat, si il vous repère, il viendra probablement à vous. Il n’a pas peur de l’homme donc il n’hésitera pas à jouer en démontant tout ce qu’il peut grâce à son bec. Attention à vos voitures, il apprécie particulièrement le caoutchouc des essuie-glaces, joins, antennes, voir même il dénichera un câble électrique dans la porte arrière de votre van (cf photo ci dessous). Les randonneurs ne seront pas en restes, il n’hésitera pas s’attaquer à votre matériel de camping comme vos chaussures, duvets, tentes… Vous voilà prévenu. Ce côté espiègle peut vite devenir ennuyant pour les locaux si bien qu’un système de résolution de conflits entre humain et kea a été mis en place par le Kea Conservation Trust.

    Sa longue éducation par les parents et sa nature curieuse lui confère une intelligence exceptionnelle, indispensable à sa survie dans les montagnes. Il se place parmi les oiseaux les plus intelligents du monde, pouvant résoudre des problèmes complexes. Il peut utiliser des outils (le bruit des pièges qu’il déclenche avec semble l’amuser), travailler en coopération pour résoudre des problèmes, prendre en compte différents types informations en même temps et utiliser son expérience pour trouver des solutions inédites. Dernièrement on a découvert qu’il pouvait faire des probabilités, choses que seuls les chimpanzés et les hommes sont censés savoir faire. Un exemple d’intelligence inédite ? Des keas ont été vu déplacer des cônes de signalisation et les experts pensent qu’ils faisaient cela pour créer un ralentissement afin de pouvoir demander de la nourriture aux voyageurs. Je vous invite vivement à regarder le documentaire Beak and Brain si vous souhaitez en voir plus.


    Le kea détient malheureusement un autre record, bien plus triste. Celui d’un des pire massacre d’oiseaux du monde. En effet, le kea était réputé pour attaquer les moutons en leur sautant sur le dos et en mangeant le gras autour des reins. Chose qu’il aurait aussi pratiqué sur les fameux Moas avant l’arrivée des hommes. Apparemment, dans les faits, cela n’arrivait que très rarement. Le lobby des éleveurs a tout de même réussi à faire pression et à faire considérer l’oiseau nuisible. Les Néo-zélandais ont alors massacré 150 000 individus. 99% de la population a été rayée de la carte. Il a été reclassé en espèce protégé in extremis et les populations sont maintenant très surveillées. On approche aujourd’hui les 5000 individus. Bien que protégé il est encore très menacé par les différents prédateurs introduits et l’activité humaine (accidents avec les voitures, empoisonnement au plomb, ou certaines personnes qui en abattent encore délibérément). Les touristes qui affectent leur comportement en les nourrissant, les rendant plus enclins à se nourrir du poison anti-rat sur le sol sont aussi un soucis important pour les keas.

    Kea – Nestor notabilis

    Pour les ornitho :

    • le genre Nestor ne comprends que deux oiseaux. Tous deux originaires de Nouvelle-Zélande : Nestor meriodionalis (Nestor superbe, Kaka) et Nestor notabilis (Nestor kea, Kea). Deux autres espèces ont existées mais sont maintenant éteintes. Nestor productus et Nestor chathamensis.
    • Les jeunes ont le tour des yeux et le dessous du bec jaune.
    • Les Keas de cet article viennent d’Arthur’s Pass mais on le trouve partout dans les montagnes, Fiordlands, Frank Joseph, autour de Queenstown…
    • Si vous souhaitez en savoir plus, le site de nzbirdonline est plein d’informations, de sons et de photos

  • Faire de l’éco volontariat en Nouvelle-Zélande ?

    Faire de l’éco volontariat en Nouvelle-Zélande ?

    Hello cher.e.s exploratrices et explorateurs, vous souhaitez faire du volontariat en Nouvelle-Zélande ? Dans la protection de la biodiversité ? Cela tombe bien, c’est très facile. Aujourd’hui je vous partage comment je suis devenu, le temps d’un été, soigneur animalier d’oiseaux endémiques et garde nature (les fameux Rangers), en partant de rien. J’ai aussi ajouté comment joindre des missions ponctuelles de plantations d’arbres natifs.

    Pour commencer et en rassurer certains. Je n’avais aucune expérience dans le milieu de l’environnement et mon anglais était loin d’être fameux. Il est donc possible de trouver des missions sans rien y connaitre et sans être bilingue. N’est-ce pas merveilleux ?

    I – Attention aux tours operators et aux associations frauduleuses.

    Bien souvent quand on veut faire du volontariat à l’étranger on cherche en ligne. On tombe alors souvent sur des associations ou des sociétés qui vous proposent des voyages clés en mains, missions, logement, nourriture, transport tout compris. Un doux rêve ? Non.

    Exemple typique : Vous voulez faire du bénévolat dans un refuge pour éléphant en Asie. On vous demande alors de payer divers frais (logement, repas, transports etc…). Cela semble légitime. Sauf que malheureusement, de plus en plus, il s’agit d’une arnaque incluant un traffic d’animaux. Les éléphants ont été arrachés à la vie sauvage et la structure n’est qu’une façade pour récupérer votre argent. Vous pensiez aider l’environnement ? Vous soutenez finalement ce que vous combattiez. Apparemment le même phénomène existe dans l’humanitaire où ils vont jusqu’à kidnapper des enfants…

    Par chance il ne semble pas y avoir de cela en Nouvelle-Zélande… Ouf ! Attention le volontariat n’est cependant pas gratuit, en général vous devez gérer votre propre logement et nourriture. Mais ne vaut-il pas mieux venir vous immerger dans le pays plutôt que laisser un tour tout organiser ? Rassurez vous, trouver du volontariat par ses propres moyens est assez simple ici. L’environnement a grand besoin de bénévoles, un e-mail devrait suffire pour vous lancer dans l’aventure.

    II – Soigneur animalier en centre de réhabilitation

    Un soigneur animalier est quelqu’un qui s’occupe des besoins quotidiens des animaux. Une grande partie de son temps est consacré au nettoyage des cages et à la préparation de nourriture. Si vous pensez venir pour vous amuser avec les animaux vous allez être déçus, on passe le plus clair du temps à nettoyer du caca et à suivre des protocoles stricts pour que les animaux restent au calme et ne s’habituent pas à l’homme. Le soigneur animalier peut aussi être amené à assister le vétérinaire ou à prodiguer les petits soins : examens, bandages, injections, sonde de nourrissage, exercices physiques, pesées, suivi comportemental des animaux etc.

    Il existe de nombreux centre de réhabilitation en Nouvelle Zélande. Allant du petit centre sans volontaire au gigantesque WildBase hospital avec des équipes salariées. Les missions que vous ferez peuvent être amenées à changer en fonction du centre. Par exemple, au WildBase, les volontaires ne participent pas aux soins. Vous trouverez la plupart des centres de rehabilitations ici, sur le site du Réseau des centres de réhabilitation de la faune sauvage de Nouvelle Zélande mais vous en trouverez d’autres en tapant dans votre barre de recherche « Ville cible + Bird Rescue ». Si cela vous intéresse je vous invite à lire l’article complet sur mon volontariat pour le Native Bird Rescue of Waiheke

    Pour devenir soigneur animalier rapidement et ne pas faire que du nettoyage, je vous donne les quelques pistes qui ont marché pour moi :

    apprenez vos oiseaux néo-zélandais : si vous ne savez pas de quoi la personne parle quand elle vous dit d’aller nourrir le Kererū cela complique les choses. Il y a de nombreuses ressources en ligne mais voici un de mes articles qui vous présente les oiseaux les plus courant : 15 oiseaux de Nouvelle-Zélande faciles à observer
    donnez du temps : la formation est longue, et ils ne prendront pas le temps d’apprendre les procédures à des gens qui ne sont que de passage. Même pour juste nettoyer les enclos. Dans le centre dans lequel je suis, on parle de 3 mois d’engagement en général, essayez au moins d’avoir deux matinées par semaine de libre. Personnellement j’y suis 5 matins par semaine, depuis 5 mois.
    apprenez les premiers soins : quoi de mieux que de déjà connaître le fonctionnement de la réhabilitation et les premiers gestes de secours. Il s’agit d’une formation proposée en ligne par Learn Bird Care. Ils font aussi des workshops pour la pratique.
    devenez membre du WReNNZ : Le WReNNZ est le réseau des centres de réhabilitations de la faune sauvage de Nouvelle-Zélande. Vous aurez accès à tout un tas de ressources et cela sera un gage de votre sérieux et votre soutien : WReNNZ

    III – Garde nature dans les parcs, ranger.

    La Nouvelle-Zélande est un pays qui possède de très nombreux parcs. Les missions de gardes sont très variées et peuvent être très spécialisées. Il existe des gardes qui s’occupent d’animaux de la ferme (farm ranger), ceux qui accueillent les gens dans les huts (hut ranger), ceux qui s’occupent des gens dans les campings (recreational ranger), ceux qui s’occupent de votre sécurité en randonnées (track ranger), ceux qui s’occupent des mauvaises herbes (weed ranger) et bien d’autres encore mais celui qui m’intéressait le plus c’était celui qui s’occupait de la protection de la biodiversité : le conservation ranger.

    Dans les parcs régionaux, qui dépendent des councils, il y a de nombreuses missions différentes au sein d’un même parc et vous pouvez toucher à tout ou choisir ce que vous souhaitez faire. Selon mon expérience, les parcs régionaux sont plus accessibles, plus nombreux (une vingtaine rien qu’à Auckland) et vous donnent une vision d’ensemble du métier. Dans les parcs nationaux ou les îles sanctuaires, dépendant du Department of Conservation, les missions sont en général, bien plus ciblées et c’est plus compliquer pour être sélectionné. Une autre alternative c’est de demander aux sanctuaires sur les îles principales, ils sont toujours en recherche de volontaire. Par exemple vous avez Zealandia à Wellington, Pukaha sur le mont Bruce, le Brook Sanctuary à Nelson et bien d’autres.

    Le conservation ranger est celui qui s’occupe de la protection de la biodiversité, cela inclue la faune et la flore. Beaucoup de travail concerne la régulation. Si vous ne connaissez pas encore cette problématique néo-zélandaise je vous conseille la lecture de cet article. Faut-il contrôler la biodiversité en Nouvelle-Zélande ? Mais vous avez aussi des missions d’études des populations, de mise en place de protections, de surveillances de site protégés, de plantations etc …

    Pour faire du volontariat en tant que garde nature vous avez :
    – le site du Department of Conservation, qui propose des missions diverses et variées, attention certaines sont très prisées et il y a de longues listes d’attente comme celle que j’ai fais sur Tiritiri Matangi Island. Les candidatures se font en ligne.
    – les sites des councils, comme celui d’Auckland ou de Christchurch par exemple. Pour ma part, j’ai directement été voir le ranger du parc régional à côté de chez moi pour lui dire que je voulais faire du volontariat et j’ai commencé le lendemain. C’est très efficace pour les missions qui ne dépendent pas du DoC.

    Pour améliorer vos chances de réussite pour les missions du DoC ou même apprendre les problématiques de protection de l’environnement en Nouvelle-Zélande je vous conseille vivement les diverses formations gratuites du DOC et particulièrement celle sur la biosécurité et l’écologie animale. Enfin, certaines des plus belles missions, ne sont accessible qu’aux gens avec une très grande forme physique, pouvant marcher des heures avec 20kg sur le dos hors des sentiers battus sur terrain difficile par exemple. Si vous souhaitez vous remettre au sport c’est le bon moment.

    Le petit conseil qui vaut de l’or : l’été (de novembre à février), les councils cherchent des gardes saisonniers (student rangers) pour épauler leurs équipes. Il y a beaucoup de demandes et peu d’élus mais c’est un merveilleux moyen de découvrir le metier. 3 mois de contrat, logés, formés et payé. Pour en savoir plus rendez vous sur l’espace carrière des councils : Council d’Auckland

    IV – Éco-volontariat : planter des arbres natifs.

    Une grande partie de la protection de l’écosystème en Nouvelle-Zélande consiste à faire renaître les forêts natives. En effet les premiers colons ont brûlés et rasés un très grande partie des forêts. On trouve donc de nombreuses missions de plantations. Elles sont nombreuses, courtes et partout en Nouvelle-Zélande. C’est donc très simple de joindre une mission sur un de vos jours off par exemple.

    Vous pouvez vous renseigner auprès des membres de votre communauté locale ou sur les sites des councils. Il existe aussi l’organisation Conservation Volunteers New-Zealand qui organise de nombreuses missions de plantage. Ils sont sur Auckland, Christchurch et Wellington. Vous pouvez trouver toutes les informations ici : Conservation Volunteers New-Zealand

    Une autre façon de trouver des missions de plantations est de trouver une pépinière d’arbres natifs. Là encore il y en a de nombreuses autour de la Nouvelle-Zélande. Si ils n’organisent pas de journées de plantations, ils seront souvent en contact avec des organisations qui le font. Pour les trouver, vous pouvez chercher sur internet : Native Nursery + la ville où vous êtes.

    Sur Christchurch, je fais du volontariat avec la pépinière Trees for Canterbury. Ils organisent des journées de plantations mais vous pouvez aussi participer à la vie de la pépinière. Vous y apprendrez à planter et prendre soins des jeunes pousses. Idéal pour vous immerger dans la flore native de Nouvelle-Zélande.

    Conclusion

    Vous savez maintenant comment j’ai fais pour me lancer dans le volontariat. Mais ce ne sont pas les seules solutions. Il y a de nombreuses facettes à la protection de l’environnement et je n’en suis qu’au début de mon voyage. Je compte sur vous pour me partager vos expériences afin de faire vivre cet article tous ensemble. Bon voyage à toutes et à tous !

  • Fou austral : Morus serrator

    Fou austral : Morus serrator

    Le fou austral ou Tākapu, est un magnifique oiseau des mers vivant principalement entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Après ma semaine à Tiritiri Matangi je me suis rendu à Muriwai, connue pour abriter une grande colonie, facilement accessible, de Fous Austral.

    Fou Austral survolant la colonie

    Vous avez peut être eu déjà l’impression de le croiser ailleurs. En effet il ressemble comme deux gouttes d’eau au Fou de Bassan que l’on trouve en France. C’est un oiseau marin impressionnant, environ 1m80 d’envergure. Majoritairement blanc avec la pointe des ailes noires et la tête jaune pâle.

    Deux Fous se faisant un câlin de bienvenue.

    Mais d’ailleurs, pourquoi porte-il le nom de Fou ? Si on lui a attribué ce nom, ça serait à cause de sa manière de chasser, incompréhensible des marins de l’époque. En effet, après avoir scruté l’océan depuis une certaine hauteur, il s’élance à toute vitesse, de manière complètement erratique, n’oubliant pas de faire quelques vrilles, vers l’eau dont il pénètre la surface à très grande vitesse. Puis il en ressort quelques secondes plus tard … mais sans poisson ! Il serait pas un peu fou celui là ? En fait, contrairement à la plupart des oiseaux marins, le fou avale sa proie sous l’eau. De quoi laisser les marins dubitatifs, enfin les marins Français du moins. En anglais on utilise le mot Gannet, qui n’a rien à voir avec une quelconque folie.

    Un jeune Fou prenant la becqueté.

    L’avantage de les observer dans une colonie est que vous y verrez plein de comportement différents. Le fameux bonjour-bisou-câlins que se font deux adultes quand l’un rentre au nid, le nourrissage des petits, les jeux d’escrime avec leur becs, les atterrissages et décollages improbables… En fonction de la période de l’année où vous visiterez, les bébés Fous seront plus ou moins grand. Jeunes ils ont un duvet blanc, qu’ils perdent après quelques mois. Comme de nombreux oiseaux marins les jeunes ont un motifs différents des adultes lors de leur premières années. Ils quitteront la colonie vers mars et partiront en mer direction l’Australie pour ne revenir dans leur colonies que leur de leur troisième année, pour y installer un nid.

    Un jeune Fou, avec son duvet juvenile.

    Si vous souhaitez en apprendre plus sur le Fou Austral, je vous invite à visiter le site NZ Birds Online

  • Tiritiri Matangi Island – Heritage & Visitors Ranger

    Tiritiri Matangi Island – Heritage & Visitors Ranger

    Kia Ora les explorateurs. Dans cet article je vous parle de Tiritiri Matangi, de la chance improbable d’y avoir fais une semaine de volontariat pour le DoC ainsi des conseils indispensables si vous souhaitez visiter. C’est une île qui regorge d’espèces d’oiseaux très rares. Vous pourrez passer du temps en tête à tête avec des kiwis ou des Tuataras, ces reptiles datant des dinosaures. Un émerveillement pour les yeux et les oreilles. Ne manquez pas la petite vidéo à la fin de l’article et mettez le son. Île très prisée, je vous raconte tout ce qu’il faut savoir pour profitez au maximum du voyage !

    Tiritiri Matangi Island

    Parlons un peu de l’île et de ce qu’on y trouve. Tiritiri c’est une île sanctuaire avec des plages paradisiaques et un bush fourmillant de vie. Des paysages à couper le souffle et des animaux rare en liberté partout. C’est un sanctuaire ouvert au public, située dans le golf Hauraki à seulement un ferry d’Auckland.

    Hobbs beach, juste à côté de la jetée où arrive le ferry

    L’île est un lieu sans prédateurs, où de nombreux programmes de reforestation et de réintroduction d’espèces ont eu lieu. Il y a quelques dizaines d’années c’était vide. J’y ai vu énormément d’espèces que je ne connaissais pas ou que je n’avais jamais vu encore, et pourtant je viens de Waiheke qui est un endroit très privilégiée pour les oiseaux natifs. Autant dire que si vous n’avez passé votre temps que sur le Mainland jusqu’à maintenant, vous allez prendre une claque.

    Nz Robin, probablement le premier oiseaux qui viendra vous saluer à votre arrivée sur l’île


    Pour les ornithos, les oiseaux que j’ai pu observer :
    Espèces rares : little spotted kiwi, Takahe, Kōkako, Hihi, Tieke, Pateke, Kākāriki, Blue pinguin…
    Espèces plus courantes mais que je n’avais jamais observé : Rifleman, Ruru, NZ Robin, Bellbird, White head, Brown Quail …
    Espèces plus communes mais que vous ne verrez pas en ville : Kereru, Silver-eye, kingfisher, Tūī, grey warbler, fantail, Eastern Rosella, pukeko…
    Oiseaux marins : white fronted tern, little shag, pied shag …

    Il y a aussi pas mal d’espèces d’oiseaux introduits et des espèces que je n’ai pas eu la chance d’apercevoir comme le fern bird ou le Puweto. Vous trouverez plus d’explications sur le site des supporters de Tiritiri Matangi

    J’ai aussi pu voir des insectes, comme le gigantesque Weta, des poissons comme le Giant Kokopu, des reptiles, dont le sphénodon ce fameux fossile vivant, ou le gecko duvaucel.

    Je suis sur que j’en oubli mais vous aurez compris, il y a de quoi se faire un vrai petit safari. Un bonheur si vous aimez observer les oiseaux. Pour couronner le tout, les oiseaux sont peu peureux puisqu’ils sont habitués à l’homme et n’ont pas de prédateurs sur l’île. J’ai pu passer un tête à tête à 2m, pendant 20 minutes avec un Little Spotted Kiwi !

    Faire du volontariat : Heritage & Visitors DOC Ranger

    Pour faire du volontariat sur Tiritiri Matangi il vous faut vous inscrire sur le site du Department of Conservation. Attention c’est très prisé, il peut y avoir des mois de listes d’attente. J’ai appris à mes dépends qu’il n’y a aucune chance d’y faire du volontariat en débarquant à l’improviste comme je l’avais fais jusque là. Vous pouvez aussi essayer de contacter les Supporters of Tiritiri Matangi mais ça a été infructeux pour ma part.

    J’ai donc décidé de m’y rendre en tant que visiteur, par chance une place dans la bunkhouse était libre en fin de semaine. J’y ai rencontré les ranger, parlant un peu de mon volontariat et les questionnant sur ce qu’étaient leurs missions sur l’île. Les différentes missions d’un ranger sur Tiritiri Matangi sont surtout axées autour de la maintenance de l’île, l’accueil des voyageurs, le nettoyage des commodités etc … Ils s’occupent aussi des Takahe et des Hihi (en hiver seulement). Tous les autres travaux de conservation et de gestion de la biodiversité sont fait par des associations ou des groupes de recherches qui travaillent sur certaines espèces présentes sur l’île.

    La Bunkhouse, où séjournent volontaires, chercheurs et touristes



    J’ai passé deux jours sur l’île, j’en ai pris plein les yeux. Je me demandais déjà quand revenir visiter quand l’improbable s’est produit. Juste avant de prendre le ferry du retour, les rangers sont venu me voir pour m’annoncer qu’il y avait un désistement chez les volontaires ! Ils m’ont demandé si je voulais revenir deux jours après pour venir toute une semaine ! J’étais fou d’excitation. Ils prennent en charge le trajet et l’hébergement donc juste le temps de revenir sur terre faire mes courses et c’était parti.

    Mes différentes missions sur l’île furent :

    • Nettoyer et remplir les abreuvoirs pour les oiseaux (tous les jours)
    • Nettoyer le centre d’accueil des visiteurs (1 fois par semaine)
    • Ramasser le bois des plages pour éviter que les gens fassent des feux (3 fois)
    • Nettoyer les rigoles pour drainer l’évacuation de l’eau de pluie (3 fois)
    • Assister le nourrissage des takahe (1 fois)
    • Assister le nourrissage des Hihi (1 fois)


       Les missions sont donc plus tournées autour de la maintenance du site. Les Heritage & Visitors ranger sont ici pour être sur que le site garde son prestige et que les visiteurs puissent en profiter. Bien qu’un peu éloigner de la conservation l’expérience fut géniale et j’y retournerai si je peux. Pourquoi ?

    Parce que l’île est effectivement magique. On fini la journée quand les visiteurs partent vers 15h30, laissant plein de temps pour savourer l’île, et ce, quasiment seul ! Les oiseaux sont partout, encore plus présent quand l’île se vide des touristes. Le chant de l’île est superbe avec des dizaines d’espèces qui cohabitent et sans aucun bruit d’activité humaine aux alentours.

    Ma première rencontre avec un Ruru, à l’aube. M A G I Q U E


    Et puis, les gens qui travaillent là bas sont géniaux. Des profils très différents qui se dédient tous à la protection de l’île et de ses habitants. Pour vous dire, j’ai rencontré un Hihi officer qui s’occupe de nourrir et surveiller une espèce en voie d’extinction sur l’île. Des gens qui comptent les Kokako, d’autres qui surveillent les population de Petrel … Oui difficile de faire plus inspirant. Les rangers sont géniales et t’amènent sauter du ponton pour aller te baigner en fin d’après midi. Les chercheurs et les volontaires dévouent tout leur temps à faire de ce sanctuaire un endroit où la nature se sent bien. En plus, ils adorent partager leur savoir. Que ça soit les rangers, les chercheurs, ou les autres volontaires, tous m’ont énormément apportés. L’île m’a manqué au moment même où j’ai posé le pied dans le ferry. 

    Astuces si vous souhaitez visiter l’île.

    Moi qui n’avait rien organisé et qui me suis pointé un lundi dans la marina j’avais l’air un peu bête de découvrir qu’il n’y avait pas de ferry ce jour là … Il y a quelques petites subtilités et des petites astuces à savoir si vous souhaitez visiter l’île. Il y a beaucoup d’infos mais cela vaut vraiment le coup que vous lisiez. J’ai essayé de dégrossir tout ça pour vous :

    • Ferry depuis Auckland ou Whangaparaoa. Réservation obligatoire sur le site d’Explore Group
    • Parking gratuit et freecamp dans la marina à Whangaparaoa.
    • Environ 95$ l’aller-retour. Même prix depuis Auckland ou Whangaparaoa
    • Pas de trajets le lundi et le mardi.
    • Un seul aller-retour par jour. C’est donc facilement plein en été.
    • Début de la visite de l’île vers 11h, début d’embarquement pour le retour vers 15h30.
    • Vous pouvez rester une ou plusieurs nuits.
    • La nuit se passe dans une bunkhouse du DOC. Environ 40$ / nuit.
    • Camping interdit (environ 500$ le taxi boat pour vous ramener sur le mainland si vous ratez le ferry)
    • Très peu de places dans la bunkhouse, les lits sont parfois réserver des mois avant. Réservation impérative, surtout en été et si vous êtes plusieurs.
    • Si vous restez sur l’île il faut appeler ExploreGroup pour qu’ils décalent votre retour.
    • Il faut prendre votre nourriture, votre eau et ramener vos déchets. Et passer une vérification bio-sécurité.
    • Vous pouvez réserver une marche guidée, environ 10$.
    • Sur l’île, à l’arrivée, on vous proposera deux marches guidées différentes. Kawarau track : plus longue et plus difficile mais vous y verrez plus de beaux paysages, elle commence par la plage pour ensuite s’enfoncer dans un vieux bushs aux très grands arbres. Wattle track, plus courte et facile, vous y verrez plus d’oiseaux car il y a des drinks stations sur le parcours.
    • L’après midi vous aurez le temps de faire l’autre parcours, non guidé.Vous avez le temps de faire toute la boucle sur une journée
    • Il y a une boutique sur l’île, la moitié de ce que vous y achetez part directement en dons pour les Supporters of Tiritiri Matangi. Ce sont majoritairement eux qui s’occupent de la conservation sur l’île. Ils font un boulot énorme. Seul vos dons ou vos achats les aident à continuer.

    Oulà ça fait pas mal de chose à prendre en compte. Du coup, pour faire simple, je vous conseille vraiment de vous y prendre à l’avance, de prendre une marche guidée, acheter un petit souvenir et surtout de prendre au moins une nuit. Cela change complètement l’expérience. Vous faites bien plus que juste « reserver une autre journée ». Voici pourquoi :

    • Vous avez l’île pour vous quasiment seul entre 16h et 11h le lendemain.
    • Plus le reste de la journée normale de 11h à 15h avec les autres touristes.
    • Pour 30NZ$ vous allez donc rajouter 33 heures de visite (moins 2/3 heures pour dormir, pas besoin de plus voyons, il y a des Kiwis à aller découvrir)
    • Les oiseaux seront plus facilement observables. Moins de gens donc moins de dérangement, les oiseaux se cachent moins.
    • Les oiseaux sont plus actifs le matin et en fin d’après midi en général.
    • Vous pourrez assister au chant de l’aube. Tous les oiseaux qui se mettent à chanter au lever du soleil c’est magnifique, surtout quand il y a des bellbird et des kokako dans le coin. Vous n’entendrez pas ça sur le mainland.
    • Vous pourrez aller rencontrer les kiwis la nuit tombée ! J’en ai rencontré plusieurs et même passé une demie heure avec l’un d’entre eux à 2m de moi. C’est quasiment impossible de les rater. Peut être la meilleure chance de voir des kiwi sauvages en liberté.
    • La nuit vous pourrez aussi aller observer le Sphénodon. Ce reptile unique au monde. Personnellement c’était un de mes rêve d’enfant.

    Le fameux sphénodon, un reptile unique, qui n’a quasiment pas évolué depuis l’ère des dinosaures.

    Mon ultime conseil. Le combo ULTIME. C’est de réserver 3 nuits du dimanche au mercredi. Pourquoi ? Pas de touristes qui arrivent par ferry le lundi et le mardi. Résultat : une île sanctuaire rien que pour vous. Vous serez quasiment seul sur une île remplie d’oiseaux et de nature ! Vous pourrez explorer toute l’île et même revoir vos endroits préférés. Comment dire … le rêve.

    En conclusion

    Tiritiri Matangi c’était du bonheur à l’état pur. Le bonheur de marcher seul sur une île magnifique au petit matin ou au soleil couchant. Passer du temps avec une famille de Takahe. Entendre le chant des Kokakos et des Bellbirds qui se lèvent. Admirer les splendides couchers de soleil sur le golfe. Se baigner dans une eau turquoise. Se balader la nuit en compagnie des kiwis et des sphenodons, au chant des Ruru. Une semaine quasiment coupée du monde, en étant plongé dans une nature luxuriante. C’était juste … magique.

    Si vous me croyez toujours pas, voici une petite vidéo réalisée lors de mes quelques jours sur l’île :

  • Whakanewha – Conservation Ranger

    Whakanewha – Conservation Ranger

    Kia Ora chers explorateurs ! En parallèle de mon volontariat pour le Native Bird Rescue j’ai voulu en apprendre plus sur la conservation en Nouvelle-Zélande. Après tout, c’est pour ça que je suis ici. Devenir Conservation Ranger volontaire, ça consiste en quoi au fait ?

    Commencer ce volontariat a été plutôt simple, je me suis rendu dans le parc régional à côté de chez moi et je suis tombé sur un des ranger du parc. En discutant j’ai annoncé que je cherchais du volontariat et dès le lendemain, après une petite induction, j’ai été embarqué pour une petite mission dans le bush. Vous trouverez des détails concrets dans : comment trouver de l’éco volontariat en Nouvelle-Zélande.

    Comme j’étais très disponible j’ai pu revenir presque tous les jours. Les missions des Rangers sont très variées. Ils doivent s’occuper du camping (réservation, commodités…), des animaux et plantes nuisibles (surveillance, piégeage, désherbages …), de la forêt (élevage et plantage d’arbres, entretien des sentiers), des animaux protégés (surveillance et protection) et bien sur des gens qui parcourent le parc (prévention, guide …).

    Les rangers de parc font en général un peu de tout mais les conservations ranger eux, s’occuperont particulièrement de la bio sécurité et biodiversité dans le parc. Par chance Whakanewha est un parc avec un conservation ranger et j’ai pu la suivre sur ses missions de surveillance et de protection de la faune sauvage native. Et particulièrement ses missions autour d’une espèce menacée : la New Zealand Dotterel.

    Protection de la faune native.

    Pour ceux qui ne le savent pas, la Nouvelle-Zélande prend très au sérieux la protection de ses espèces natives. J’en parle ici : Faut-il contrôler la biodiversité en Nouvelle-Zélande ?

    Les parcs sont des endroits privilégiés pour la biodiversité, avec une faible présence de l’homme et un habitat protégé ce sont des lieux primordiaux pour la protection de la faune et de la flore. Les rangers ont donc un énorme travail de contrôle des prédateurs à effectuer.

    La première partie lorsqu’on veut protéger une aire et tout d’abord d’apprendre quels prédateurs sont présents, en quels nombres et où. Cela permet de mettre en place une stratégie.

    C’est à ça que servent les « tracking tunnels » ou tunnels de suivi. On dispose des cartes recouvertes avec de l’encre et un appât au milieu dans des tunnels. Après une journée on relève les cartes pour voir quels animaux ont laissé des traces.

    Une carte recouverte de trace de souris et de Wētā (un insecte Neo-Zélandais)

    Par chance il n’y a pas de Possum sur Waiheke. Mais on trouve des hérissons, des belettes, et des rats qui sont tous friands d’oiseaux, d’oeufs, de lézards et bien d’autres espèces natives.

    Après avoir identifier les prédateurs on pose des pièges. À Whakanewha il y en a a peu près 800. Et certains vont vous choquer.

    Le premier pièges est un piège à rat et souris « bait stations ». On y dépose un appât empoisonné que l’on change tous les 3 mois. On alterne le type de poison pour éviter que les populations développe une resistance.

    Bait station

    Le deuxième piège le plus courant est celui qui cible les belettes et les hérissons. Le DOC 200. On place un appât et l’animal déclenche une tapette à souris version surboostée quand il passe dessus. Ils demandent plus de maintenance. On change l’appât, qui est un bout de viande fraiche, régulièrement. Ils sont donc en général moins nombreux, placés autour des zones sensibles et souvent plus facile d’accès. Vous les rencontrez probablement lors de vos randonnées, en bord de chemin.

    DOC 200

    Le troisième type de piège visent les chats. Oui les chats sont un énorme problème en Nouvelle-Zélande. La plupart des oiseaux natifs sont sans défense faces à eux. Beaucoup d’oiseaux néo-zélandais volent mal, nichent à même le sol et compte uniquement sur leur camouflage, ce qui n’est pas très effectifs contre des mammifères à l’odorat sur développé.

    Cat Live trap

    Whakanewha étant un parc proche d’habitations les pièges à chat ne tuent pas. J’avais donc pour mission de vérifier les pièges chaque jour. Les pièges étant réparti un peu partout dans le parc j’ai été formé à l’utilisation d’un « side by side », ou LUV pour Light Utility Vehicule. Je l’utilisais chaque matin aux premières heures pour parcourir le parc. Quand on attrape un chat, il est amené chez le vétérinaire qui cherchera le propriétaire. Les chats non pucés finiront euthanasié.

    Side by Side dans l’atelier

    Une solution complémentaire pour protéger les zones très sensible est d’installer une barrière. Étant en général très cher à installer et à maintenir il n’y en a pas partout. À Whakanewha les rangers en ont installé une juste sur un bout de plage où les oiseaux nichent. Simple mais très efficace, il faut cependant inspecté la barrière régulièrement au cas où une brèche apparaitrait.

    La barrière protège des prédateurs mais elle protège aussi des humains. Ces oiseaux nichent à même le sol et un humain aura vite fait de faire fuir les parents ou d’écraser un oeuf. Les oiseaux et les nids sont très mimétiques, si bien que la plupart des gens passeront à côté sans s’en apercevoir. La barrière n’est cependant pas suffisante et certaines personnes décident de passer outre, c’est pour cela que les rangers doivent aussi patrouiller. C’est assez fou le nombre de gens qui ne respectent pas les zones sensibles.

    En plus de ne pas respecter les zones sensibles, certains le font en promenant leur chien … Les chiens feront fuir les futurs parents de leur nid, et ils tueront un oiseau si ils arrivent à en attraper. Une étude a montré qu’une Dotterel fuira le nid lorsqu’un chien tenu en laisse est présent sur la plage à une distance 3 fois supérieure à celle nécessaire pour que l’oiseau s’envole lorsque l’humain est seul. Donc même si votre chien est en laisse ou qu’il a jamais attaqué un oiseau, il sera toujours un danger pour la survie de cette espèce menacée. Les chiens sauvages sont inexistant en NZ mais il est courant que certains échappent à leur propriétaire. Lors d’une après midi, nous avons été appelé en urgence car deux chiens avaient été aperçu sur la plage. On est tout de suite parti patrouiller et après 1h de course poursuite nous les avons finalement attrapés. Bien que mignons et dociles, ils avaient déjà fait des dégâts. Un nid fut abandonné (les parents ne sont jamais revenu couver) et un oiseau n’a jamais été retrouvé, probablement mangé.

    Les deux frères après leur méfaits, attendant la fourrière à l’arrière du PickUp.

    La New Zealand Dotterel étant menacée elle fait aussi l’objet d’un suivi de population. J’ai passé de nombreuses heures à vadrouiller cette plage pour compter les oiseaux, voir les couples qui se forment, où ils nichent et faire un suivi du nombre d’oeuf et des poussins. J’en ai profité pour aussi suivre d’autres espèces qui nichaient sur la même plage comme les Oystercatcher ou les Stilts.

    Un carnet, des jumelles, une longue vue et un appareil photo pour les souvenirs.

    C’était magnifique de surveiller cette plage et d’apprendre à connaître les différents couples, les différentes espèces, voir les premiers oeufs arriver, les premiers poussins parcourir la plage … Le moment le plus émouvant est certainement de les voir prendre leur premier envol après les avoir vu tout petit.

    Protection de la flore native.

    Une autre partie du job de conservation ranger est de s’occuper de la forêt et des plantes. En effet, les plantes exotiques posent aussi un soucis à la faune et flore locale. Les rangers ont alors deux missions principales, éradiquer les plantes indésirables et planter des espèces natives pour les remplacer.

    Un des boulot que je ne m’attendais pas à apprécier autant fut de travailler dans la pépinière du parc. Partir dans le bush collecter les graines, mettre les mains dans la terre, s’occuper de jeunes pousses si fragiles, qui deviendront un jour des arbres de cette forêt fut cathartique. Moi qui a toujours vécu en ville cela m’a boulversé. S’occuper d’un être vivant qui n’atteindra sa maturité que dans quelques centaines d’années est très spécial.

    La pépinière de Whakanewha

    Quand les plantes sont assez grandes pour être plantées, les rangers organisent en général des journées impliquant la communauté locale pour se regrouper et planter des centaines de bébés arbres.

    Nouvelle plantation.

    Pour le désherbage, la plus grande partie est sous traitée. C’est en effet très chronophage de parcourir une forêt entière pour la désherber. Quand je dis désherber il s’agit bien souvent de plantes qui ne sont pas de l’herbe. Il y a de tout, des arbres, des arbustes et des plantes grimpantes en tout genre. Elles prolifèrent grâce au climat de la Nouvelle-Zélande et finissent par prendre le dessus sur les plantes natives qui sont beaucoup plus lentes à grandir et moins compétitives sur les ressources.

    Durant cet été, les rangers ont eu aussi pour mission d’arroser la forêt à cause d’une sécheresse sur l’île. Les arbres les plus sensibles (jeunes) avaient besoin de cette attention pour ne pas dépérir.

    En plus de toutes ces missions autour de la protection de l’environnement, le ranger doit s’occuper de la maintenance du parc en général.

    Vous l’aurez compris, il y a énormément de travail. Si bien que vous serez toujours le bienvenu si vous souhaiter aider les rangers. Il y a des parcs régionaux partout autour des grandes villes, foncez !

    A propos de Whakanewha

    Une petite parenthèse pour vous parler de ce parc. Whakanewha est un des 28 Regional Park d’Auckland City Council. Il est situé sur l’île de Waiheke. Comparé à d’autres parc régionaux il possède beaucoup de surface boisé et une très grande biodiversité. On voit facilement énormément d’espèces natives alors qu’ils sont en général rares à voir sur le Mainland. Je recommande vivement d’y passer quelques nuit et de vous immerger dans la forêt, ou pic-niquer en bord de plage au coucher du soleil et à observer tous ces oiseaux qui vivent sur la plage et qu’on ne remarque pas au premier regard.

    En conclusion

    Pour faire simple, j’ai adoré ce volontariat. L’endroit est magnifique, les missions de conservation ranger sont tellement variés qu’on ne s’ennuie pas. J’y ai appris énormément de choses et j’y ai rencontré des gens formidables et très inspirants. En combinaison avec mon volontariat au Native Bird Rescue, cette saison sur Waiheke a été une expérience inoubliable. Ce volontariat m’a motivé plus que jamais à devenir Kaitiaki, un gardien, un ranger, un jour.

    J’ai passé un été magique et je recommande cette expérience à n’importe qui a envie de s’immerger dans la protection de la vie sauvage. Je vous laisse avec une petite vue depuis le camping. Un soir d’été sous les étoiles.

    Whakanewha campground view

  • Native Bird Rescue – Soigneur animalier

    Native Bird Rescue – Soigneur animalier

    Kia Ora les explorateurs ! Pendant 8 mois j’ai eu la chance de devenir bénévole en tant que soigneur animalier au Native Bird Rescue de Waiheke. Il est temps de vous en parlez un peu plus en détail. Comment faire pour devenir soigneur bénévole ? En quoi ça consiste ? Les sauvetages, les soins, la réhabilitation, késako ? Faire partie d’un centre de secours n’est pas de tout repos mais ça a été la plus belle de mes expériences ! Voici une petite vidéo pour vous mettre l’eau à la bouche et ensuite je vous raconte tout.

    Comment commencer ?

    C’est génial non ? Mais tout d’abord, en ayant aucune connaissance ou experience, comment peut on devenir volontaire soigneur animalier ? Dans le cas du Native Bird Rescue, cela s’est fait juste grâce à l’échange d’un e-mail. Deux jours après mon arrivée j’ai rencontré Karen, la créatrice du centre. Elle travaille tous les jours, du petit matin jusqu’au soir, sans prendre de vacances. Les oiseaux demandent une attention constante. Entre les sauvetages, les nourrissages, le nettoyage et les soins il y a trop à faire. Les centres de sauvetages ont grand besoin de volontaires. Vous trouverez tous les détails pour faire du volontariat dans mon article comment devenir écovolontaire en Nouvelle Zélande. Vous y trouverez une liste des centres repartis un peu partout en NZ, des liens vers des formations et comment augmenter vos chances pour être accepté.

    La réhabilitation :

    La réhabilitation englobe toutes les étapes nécessaires pour rendre un oiseau à la vie sauvage. La plus grosse partie des missions de volontaires seront centrées autour du nettoyage des cages et de la preparation de nourriture. Tout cela doit être fait le plus rapidement et discrètement possible pour que l’oiseau ne stresse pas et ne s’habitue pas aux humains.

    Si vous êtes motivés et que vous êtes prêt à vous engager dans le temps vous pourrez être formé pour aider aux soins. Les premiers pas seront d’apprendre à tenir un oiseau correctement. Trop serré ils étouffent, pas assez serré ils s’échappent et se blessent. Par la suite j’ai appris à intuber un oiseau, technique qu’on utilise pour l’administration de fluides et de nourritures. Administrer des fluides est souvent la première chose à faire quand on reçoit oiseau blessé (immobile et blessé dans la nature, il sera très vite déshydraté). J’ai eu la chance de pouvoir faire un atelier avec LearnBird Care où j’ai aussi appris à osculter un oiseau à la recherche de fractures ou de plaies, à faire des injections sous cutanée pour les cas d’extrême déshydratation, à faire un bandage ou encore à nettoyer des plaies. Ils s’agit de pouvoir administrer les premiers soins. Un vétérinaire est nécessaire pour une oscultation approfondie et pour les soins spécifiques.

    Une fois que l’oiseau est soigné il faudra s’assurer qu’il peut retourner à la vie sauvage. Il sortira de l’unité de soin intensif où il est gardé en cage pour être placé dans une volière. Ici on surveillera si il est capable de manger, de voler et de garder l’étanchéité de son plumage par lui même.

    On a pas besoin d’apprendre un oiseau à voler mais par contre c’est nécessaire de lui faire faire de l’exercice, un oiseau qui est resté en soin trop longtemps peut avoir perdu pas mal de masse musculaire. Pour certains c’est facile, il suffit de marcher dans la volière et ils s’enfuiront dans l’autre sens. Pour d’autres, il faudra les faire venir sur votre main puis les soulever en l’air pour déclencher l’envol. Ils sont souvent un peu paresseux donc il faudra répéter cela de nombreuse fois. Pour l’étanchéité on les arrose et surveille qu’ils ne restent pas mouillés.

    Les sauvetages :

    Le Native Bird Rescue est un centre un peu particulier car il s’occupe aussi des sauvetages. La plupart des centres ne s’occupent que d’oiseaux qu’on leur amène. Au NBR lorsqu’un oiseau blessé est repéré, Karen reçoit un appel et saute dans sa voiture avec des serviettes, des bacs et ses épuisettes pour pour attraper et transporter l’oiseau dans les meilleures conditions possible. Par exemple un cormoran peut mourrir très facilement de stress, il est donc important que la capture et le transport soient sans accrocs.

    J’ai d’abord commencé par assister Karen car c’est souvent plus simple d’attraper un oiseau quand on est plusieurs pour l’encercler. Puis j’ai commencé à être envoyé en solo. Je me souviendrai toujours de mon premier sauvetage solo, une Pétrel de Pycroft qui s’était posé sur un blacon, attirée par les lumières de la baie vitrée pendant la nuit et qui n’a pas pu repartir. Parmi mes souvenirs les plus marquant je me rappelle aussi de ma “course poursuite” en bateau pour attraper un Pied Shag au milieu d’une baie qui n’arrêtaient pas de s’envoler pour aller se poser plus loin dès que j’approchais. Ce même jour j’ai aussi secouru un jeune Northern Spotted Shag, Spotty, qui était mourant au milieu d’un camping après avoir été attaqué par un chien. Il ne reste que 800 Northern Spotted Shag dans le monde, c’était très spécial de suivre sa réhabilitation de son sauvetage jusqu’à être escorté par les rangers du Department of Conservation en bateau pour le ramener dans sa colonie qui avait bougé dans le Coromandel.

    La surveillance :

    La surveillance est une mission annexe du Native Bird Rescue et quand on a un peu de temps après les soins du matin on surveille des New Zealands Dotterel.

    Si vous voulez voir quelques photos et apprendre un peu plus sur cet oiseau rare et méconnu je vous invite à lire mon article : Pluvier roux, Charadrius obscurus. En plus il a un cousin français qui subit les même problèmes.

    C’est un oiseau menacé qui a besoin de protection pour élever ces petits. J’ai passé pas mal de mes après midi avec ma longue vue à observer des familles de dotterel dans l’espoir de repérer leur nid. Ces oiseaux ayant été chassé des plages par l’activité de l’homme on les retrouve maintenant parfois au milieu de terrain de golf, de parc ou même de cours de récréation. Et ils sont donc sous la nouvelle menace de tondeuses, voitures, chiens, ou juste des gens de passages qui ne verront pas leur nid camouflé. Une fois le nid trouvé, on place une cage pour protéger des gros prédateurs (chien, chat …) et un enclos pour que les gens laissent les oiseaux tranquilles.

    Malheureusement ça ne marche pas toujours … On a perdu tous les nids que l’on surveillait cette année du à la prédation du hérisson. Le hérisson est friant de ces oeufs qui ne sont pas protégé. J’ai aussi fais de la surveillance de Dotterel à Whakanewha lors de mon volontariat en tant que Conservation Ranger, qui ont elles eu plus de succès grâce à une meilleure protection.

    L’année prochaine le Native Bird Rescue est aussi censé déployé des boîtes à manchot pour surveiller et aider les little blue penguins de l’île.

    Conclusion

    J’espère que cet article vous aura donner envie de faire du bénévolat dans un centre de secours et que j’ai répondu à vos interrogations. Si vous avez des questions n’hésitez pas 🙂

  • 15 oiseaux de Nouvelle-Zélande faciles à trouver

    15 oiseaux de Nouvelle-Zélande faciles à trouver

    La Nouvelle-Zélande c’est le pays des bisouno… des oiseaux ! Une île épargnée par les mammifères pendant des millions d’années qui a vu de nombreuses espèces uniques au monde se developper. Vous avez vu un oiseau et vous aimeriez connaître son nom ? Voici un mini guide pratique pour vous introduire ces merveilleux oiseaux de la Nouvelle-Zélande. Il n’est bien sur pas exhaustifs mais il couvre les 15 des oiseaux natifs les répandus, ceux que vous pourrez normalement observer facilement un peu partout en Nouvelle-Zélande. Il suffit d’une simple petite balade, en forêt, sur la plage ou même dans votre jardin. Ouvrez vos yeux aux merveilles d’Aotearoa.

    Les oiseaux natifs de Nouvelle-Zélande

    1 – Le Fantail – Pīwakawaka

    Fantail – Pīwakawaka

    Le fantail est un petit oiseau que vous trouverez dans les jardins ou les forêts. C’est souvent l’oiseau préféré des visiteurs car il n’hésite pas à venir voleter autour de vous. Avec un peu de chance vous le verrez ouvrir sa queue. Son cri est très distinctif, une fois que vous le connaitrez vous ne pourrez pas le manquer.

    2 – Le Tūī

    Tūī

    Le Tūī est magnifique oiseau que vous croiserez de plus en plus facilement dans les jardins. Se nourrissant de nectar il vient butiner les fleurs. En été, vous pourrez l’apercevoir avec une tache jaune au dessus du bec, c’est du pollen. Ce sont des oiseaux qui peuvent chanter toute la journée et même la nuit, défendant leur territoire.

    3 – Le Wood Pigeon – Kererū

    Wood Pigeon – Kererū

    Le Kererū est un gros pigeon qui passe beaucoup de son temps à se reposer. Pensez à lever la tête en forêt pour essayer d’en voir endormis. Plutôt maladroit et bruyant, vous pourrez le voir tomber d’une branche ou rater un atterrissage, surtout après avoir manger des baies fermentées qui le rendent ivre et titubant.

    4 – Le Kingfisher – Kōtare

    Kingfisher – Kōtare

    Ce martin-chasseur est un cousin de notre martin pécheur européen, cependant il est beaucoup plus facile à observer et ne se contente pas que de petits poissons. Vous pourrez le trouver sur les câbles électriques, ou piquets à la recherche d’insectes et de petits reptiles. Très territorial il attaque des oiseaux plus gros que lui.

    5 – Le Silver-eye – Tauhou

    Silver-eye – Tauhou

    Le sylver-eye ou wax-eye, est un petit oiseau vert gris et roux, reconnaissable avec son contour blanc autour de l’oeil. Discret de par leur look mais vivant en famille plutôt bruyante, ils sont assez facilement repérables. Arrivés depuis l’Australie tard en Nouvelle-Zélande, après les Maoris il y a 800 ans, leur nom signifie « étranger ».

    6 – Le Pūkeko

    Pūkeko

    Le fameux Pukeko. Vous le verrez souvent au bord des routes, ou dans les zones marécageuses et les étendues d’herbes. Rigolo croisement entre une poule et un dinosaure. Saviez vous qu’on en trouve en France ? En effet c’est la même espèce que notre talève sultane, le Pukeko est cependant plus noir sur le dessus.

    7 – Le White-faced Heron – Matuku Moana

    White-faced Heron – Matuku Moana

    Le white-faced heron est un petit heron que vous verrez souvent chasser en se figeant en bord de plages calmes, avec un peu de verdures, ou même sur des pâturages dans les terres. Il est arrivé assez récemment en Nouvelle-Zélande, volant depuis l’Australie. Il est finalement devenu plus rare sur ses terres d’origines qu’ici.

    8 – Le Bellbird – Korimako

    Bellbird – Korimako

    Le bellbird est assez discret mais son magnifique chant est immanquable. Tout comme le Tūī il possède une langue en forme de brosse pour boire le nectar qui est sa principale nourriture. Il est plutôt rare dans le nord de l’île du nord mais assez commun ailleurs. Son chant, particulièrement à l’aube, donne à la forêt une âme bien singulière.

    9 – Le Tomtit – Miromiro

    Tomtit – Miromiro

    Encore un oiseau très amical qui n’hésitera pas, comme le fantail, quand vous entrerez dans son territoire, à venir vous voir, à vous suivre intrigué, et à chercher les insectes que vous dérangez. Le NZ Robin lui ressemble mais n’a pas un noir aussi profond et un blanc aussi éclatant que le Tomtit. Les mâles de l’île du Sud ont la poitrine jaune.

    10 – Le Paradise Duck – Pūtangitangi

    Paradise Duck – Pūtangitangi

    Le Paradise Duck est un gros canard que l’on trouve souvent sur les étendues d’herbes, sur les terres fermières ou à proximité d’eau. Ils sont souvent aperçu en couple mais se regroupent parfois. Le mâle à la tête noire et celle de la femelle est blanche. Leurs sons « buzz », la femelle possède un son plus court/aigu que celui du mâle.

    11 – Le Harrier Hawk – Kāhu

    Harrier Hawk – Kāhu

    Le harrier hawk est un des oiseaux les plus facile à voir en Nouvelle-Zélande. Ils sont juste, en général, vus de loin et haut dans le ciel. Sauf quand ils agissent en charognards sur la route. Quand ils planent, leurs ailes forment un V ce qui permet de les distinguer aisément du faucon Néo-zélandais dont les ailes restent à l’horizontal.

    12 – Le Grey Warbler – Riroriro

    Grey Warbler – Riroriro

    Un autre oiseaux très répandu en Nouvelle-Zélande que l’on voit de loin. Enfin même à quelques mètres, il semble loin, il est tellement petit qu’il faut avoir l’oeil aiguisé pour le débusquer. Seulement 6cm sans la queue et 6,5g ! Son chant est très complexe et mélodieux. Il adore manger les araignées et les petits insectes de vos jardins.

    13 – Le Black-backed Gull – Karoro

    Black-backed Gull – Karoro

    Le Black-backed Gull est un goéland que l’on retrouve sur tout le territoire, même loin dans les terres. C’est une des deux seules espèces natives à ne pas être protégée. A cause de l’homme il a pris beaucoup de place et il est maintenant en surnombre, attaquant régulièrement d’autres espèces sensibles / menacées.

    14 – La Red-Billed Gull – Akiaki

    Red-Billed Gull – Akiaki

    La Red-billed Gull est la mouette qui viendra voler les frites de votre fish and chips. Sa population ne cesse de chuter depuis quelques années à cause du manque de nourriture et des rongeurs. Les jeunes ont un bec et des pattes plus sombre, qui fait qu’on peut confondre avec sa cousine Black-billed Gull, endémique et bien plus rare.

    15 – L’Oystercatcher – Tōrea

    L’oystercatcher écume les plages à la recherches de son mets favoris, les coquillages. Il utilise son long bec pour fouiller le sable et extirper le mollusque de sa coquille. Vous les verrez régulièrement la tête penchée, criant vers le sol pour revendiquer leur territoire. Ils attaquent les humains trop proches du nid.

    Bonus : les oiseaux introduits

    Les colons européens ont introduits de nombreuses espèces d’oiseaux lors de leur arrivée. Le but était que la Nouvelle-Zélande ressemble un peu plus à leur pays d’origine. La magpie elle, a été introduite pour lutter contre les nuisibles avant d’en devenir un à son tour … L’abondance de nourriture, le climat et l’absence de prédateur a fait que ces oiseaux sont aujourd’hui très répandus, et ce, souvent bien plus que les espèces natives. En voici 4 très courant :

    Le Merle – Blackbird

    Le Moineau – Sparrow

    Le Pinson – Chaffinch

    La Pie Australienne – Magpie

  • Faut-il contrôler la biodiversité en Nouvelle-Zélande ?

    Faut-il contrôler la biodiversité en Nouvelle-Zélande ?


       Prenez quelques secondes pour imaginer … Imaginez que vous accostez sur une petite île perdue aux milieux des océans … Imaginez que sur cette île, une faune et une flore unique au monde s’est développée sans aucun mammifère depuis des millions d’années et que les animaux et les plantes ont évolués sans avoir à se soucier d’eux. Les oiseaux nichent au sol, ils perdent leur capacité de voler, ils ne pondent qu’un seul oeuf tous les ans, ils n’ont jamais appris à se défendre contre des griffes ou des crocs, les arbres mettent 1000 ans à atteindre leur stade adulte… Imaginez qu’avec vous, par bêtise, vous avez amené des rats, des hermines (petits carnivores voraces), des lapins, des possums et tout un tas d’autres animaux et de plantes. Ces animaux introduits, pullulent grâce à l’abondance de nourriture et l’absence de prédateurs que cette île offre. Les nouveaux végétaux poussent à des vitesses folles et étouffent les plantes. Les mammifères dévorent la faune et la flore locale. L’équilibre de l’écosystème se brise…

    Conséquences : cette faune et flore unique au monde commence à disparaître à des vitesses vertigineuses. Les espèces endémiques sont sur le bord de l’extinction. Que faîtes vous ? Quelle est votre responsabilité vis à vis de cette faune et de cette flore ? Faut-il la laisser disparaître ? La sauver ?

       Ce que vous avez imaginé juste à l’instant, c’est ce qu’il se passe en Nouvelle-Zélande. 80% des espèces animales et végétales, dont la plupart ne se trouvent qu’ici dans le monde, risquent l’extinction. La Nouvelle-Zélande a alors répondu à ces questions, et ce, de manière radicale. Il a été décidé, de mettre en place un plan d’éradication total des espèces nuisibles.

    En tant que français, venu ici pour protéger la biodiversité, cela parait insensé. Surtout quand on pense à notre gestion des écosystèmes … L’idée semble extrême, impossible à réaliser. Mais est-ce vraiment impossible ? Ils ont réussi à le faire sur certaine îles et péninsules. Est-ce vraiment extrême ? Il s’agit de sauver un écosystème unique, composé de milliers d’espèces endémiques en éradiquant quelques espèces communes dans le reste du monde.

    Je reviendrais probablement sur cela au fur et à mesure de mon voyage tant ces questions sont complexes et que je n’arrive pas encore à trancher. Pour moi, on doit faire quelque chose même si c’est un échec de devoir en arriver là. Les animaux et plantes introduits ne sont bien sur pas les seuls en cause, loin de là. L’Homme est, encore une fois, la menace numéro une. Il a coupé les forêts, empoisonné les rivières, détruits les sols, chassé les nuisibles à ses cultures, envahi les espaces, importé de nouvelles espèces …

    Mais je vous redemande. Que feriez vous ? Faut-il laisser disparaître cet écosystème ? Doit on sauver ce qu’il reste ? Et comment ?


    Pour ceux qui veulent en savoir plus concrètement :

    Les principales espèces visées sont :
    – Les mustélidés : belette, hermines, furet. (introduit pour lutter contre les lapins)
    – Les rats et souris (passagers clandestins)
    – Les possums (introduits pour leur fourrure)
    – Les hérissons qui raffolent des oeufs (introduits pour rappeler aux colons leur pays)
    – Les lapins, qui mangent les nouvelles pousses empêchant la forêt de repousser.
    – Les chats, qui sont les seuls prédateurs à pouvoir s’attaquer aux grosses espèces comme l’emblématique Kiwi et qui ont un impact énorme sur tous les autres oiseaux

    Pour cela un vaste programme national a été mis en place, le Pest Free 2050. Si vous vous baladez en Nouvelle-Zélande vous verrez régulièrement des pièges au sol. Les différentes techniques d’éradications sont à base de piège à marteaux et de poisons.  

    – piégeages mortels instantanné des hérissons, hermines, belette, possums, chats, rat…
    – largage de poison par les airs contre les rats, les souris, les possums…
    – tir au fusils par des contractuels des lapins mais des gros mammifères aussi, introduit pour la chasse de loisir à l’époque.
    – piégeage au poison pour les rats et les souris.

    Si vous voulez en savoir plus : https://www.doc.govt.nz/nature/pests-and-threats/predator-free-2050/

    Il y a aussi énormément de travail qui est fait pour éradiquer les plantes envahissantes.

  • Compenser son voyage en aidant la nature ?

    Compenser son voyage en aidant la nature ?

    Bonjour les explorateurs. Et oui, sacré trajet que de partir à l’autre bout du monde alors que l’on tente de mettre la protection de l’environnement au coeur de sa vie. On commence à le savoir, l’avion n’est pas très écologique. Mais saviez-vous à quel point ? Connaissez vous le rachat d’empreinte carbone ? Je vous explique tout.

    Pour vous donner une idée, si l’on suit les recommandations du GIEC, le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat fondé par l’ONU, on devrait ne faire que 2 vols aller-retours longs courriers au cours de notre vie. Toujours selon le GIEC, si nous voulons limiter les catastrophes écologiques futures, nous avons chacun, un budget annuel de 2 tonnes de CO2 pour l’ensemble de nos activités (transports, habitation, alimentation, biens, services etc …). Le transport de loisir est censé représenter une toute petite partie de ce budget. On parle au très grand maximum de 10%, soit 200kg. 200kg de CO2 par an c’est quoi ? C’est environ 1500km en voiture, un aller-retour Toulouse-Paris en gros. Ce n’est pas grand chose… Pour comparer, un aller-retour en avion jusqu’en Nouvelle-Zélande, émet environ 7000kg de CO2. Soit l’ensemble du budget de transport de loisir pour 35 ans ! Un road trip en Europe de 30000km dans un véhicule récent émet environ 4000kg de CO2, soit 20 années de budget. Je ne sais pas vous, mais moi, ça me donne des vertiges …

    Personnellement je suis parti dans l’idée que ce vol était mon dernier. J’ai envie de traverser les mers en voilier, redécouvrir l’âme du voyage, prendre le temps de me perdre. Je me disais que toutes les heures de volontariat et une nouvelle vie en toute simplicité compenserait ce vol mais je me suis tout de même penché sur une solution pour réduire son impact. Faire quelque chose de positif pour compenser ce négatif. J’ai alors découvert le rachat d’empreinte carbone.

    Un rachat d’empreinte carbone ? L’idée c’est de planter des arbres pour capturer l’équivalent du CO2 que l’on a émis. En effet, pour grandir, les arbres ont besoin de puiser le carbone contenu dans l’air. C’est d’ailleurs grâce à ce phénomène qu’ils nous donnent l’oxygène que nous respirons. Le carbone restera piégé dans l’arbre pour des décennies (voir des siècles ou des millénaires selon l’espèce), et ce, même après sa mort. Et oui le bois que l’on utilise pour construire des meubles ou une maison contient toujours ce carbone qui a été piégé par l’arbre.

    Pour couronner le tout, la forêt est la maison de millions d’espèces à travers le monde.

    Une façon simple de rendre son trajet moins impactant est donc de faire un don à une association qui plante des forêts. D’accord, mais combien doit-on donner ? D’après le calculateur de co2.myclimate, pour compenser un aller-retour en Nouvelle-Zélande nous devrions donner environ 200€. Sachant que 66% est déductible de vos impôts, cela vous coûtera 70€. Personnellement j’ai donné un peu plus, pour que l’action soit positive et ne fasse pas que ramener le compteur carbone à zéro. L’idée semble géniale mais il y a un mais, voir deux :

    -> Premièrement, ce n’est pas un remède miracle. Les arbres plantés aujourd’hui mettront des dizaines d’années pour stocker le co2 émis. Alors que c’est dès aujourd’hui que nous devons agir. Ensuite, c’est tout simplement impossible de planter suffisamment pour compenser l’impact de toute l’activité humaine mondiale. Et enfin, par ce moyen nous ne faisons que compenser le CO2, les activitées humaines produisent de nombreux autres déchets et polluants.

    -> Deuxièmement, il faut faire attention à ce que l’association choisie fasse de la reforestation durable, avec des essences variées, locales et plantées en respectant les écosystèmes. Sinon ce sont de nouveaux problèmes en perspective … Ne connaissant pas bien les différentes associations, j’irais probablement vers le programme de reforestation du WWF.

    Cette fois-ci, plutôt que de planter des arbres j’ai décidé de compenser de manière un peu différente en faisant un don à une association française qui crée des sanctuaires de vie sauvage : l’ASPAS

    C’est peu connu mais la majorité de la nature est privée en France. Les gens qui possèdent des forêts, des étangs ou des parcelles cherchent donc à les rentabiliser. Ils vont donc vendre le bois, ou la possibilité de chasser et de pécher sur leur terres. La chasse, particulièrement, est devenue un véritable business avec de nombreuses dérives, et ce, même dans des endroits que l’on pense protégé comme les réserves naturelles. C’est là qu’intervient l’ASPAS, qui rachète des hectares de nature pour les laisser à eux mêmes. Pas de pêche, de chasse ou de sylviculture. Juste un sanctuaire de vie sauvage comme la France n’en a que trop peu. En ce moment ils ont cet énorme projet d’acheter 500 hectares dans le Vercors.

    Je me demandais souvent quand j’étais coincé à Paris, ce que je pouvais faire concrètement pour aider l’environnement. Faire des dons à ce genre d’associations est un moyen concret et facile pour rendre le monde un peu meilleur. Il y a des tas d’associations dans la protection de l’environnement, partout autour de nous, nous n’avons plus qu’à choisir celle qui nous plait. Si vous n’avez pas d’idées vous pouvez aussi participer à mon projet (ou même faire les deux soyons fous).

    Pour conclure, malheureusement, non, on ne peut pas compenser réellement son voyage en rachetant son empreinte carbone. J’avoue que je ne l’ai découvert qu’en écrivant l’article. Changer sa façon de vivre reste donc la clé. Pour aller plus loin, vous pouvez même calculer votre empreinte globale. Cela aide à réaliser tout le chemin que l’on doit parcourir. Et puis, même si ce n’est pas une solution parfaite, vous pouvez continuer de compenser le tout en attendant.

    J’espère que cet article vous a plu et que vous aurez appris des choses. Je vous attends dans les commentaires pour en parler. Bon voyage à toutes et à tous.

    EDIT : l’APSAS a réussi à réunir les fonds à temps ! La France va donc avoir un nouveau refuge de 500 hectares pour la faune et la flore sauvage !

  • Pluvier roux : Charadrius obscurus

    Pluvier roux : Charadrius obscurus

    Parallèlement à mes recits de voyages et de volontariats je vais commencer à vous présenter différentes espèces d’oiseaux néo-zélandais. Pour commencer j’ai choisi le Tūturiwhatu / New Zealand Dotterel ou Pluvier roux en français. C’est un oiseau en danger, assez méconnu, qui mérite que vous fassiez attention à lui sur les plages, sans quoi vous finirez par écraser son nid. Je passe beaucoup de temps avec ces oiseaux en ce moment car j’effectue des misions de surveillances et de protections de l’espèce sur Waiheke.

    Charadrius obscurus, Waiheke

    Le pluvier roux est un oiseau assez discret de part son plumage qui lui permet de se camoufler sur les plages. Il arbore une belle poitrine orangé en periode de reproduction. Il est endémique, c’est à dire que cette espèce ne se trouve nulle part ailleurs dans le monde. Vivant sur les plages, c’est un oiseau très sensible à la disparition de son habitat, accaparé par l’homme. Il est aussi très sensible aux prédateurs introduits par les colons européens, comme le hérisson qui dévore les oeufs ou l’hermine qui attaques les adultes qui couvent. Le pluvier roux est une espèce en voie d’extinction, il n’en resterait environ que 2000 individus dans le monde. Dans les zones où une protection active est mis en place les populations grandissent doucement, mais il est malheureusement très difficile de protéger chaque nid.

    Charadrius obscurus, Waiheke

    Le pluvier roux niche à même le sol, sans faire de nid à proprement parler. Il tasse un peu le sol et y dépose trois oeufs qui écloront 28 jours plus tard. Un des gros soucis de ce pluvier est que ses oeufs sont très bien camouflés. Il est très facile de marcher dessus et de les écraser. Même sans écraser le nid, la forte présence de l’Homme ou de chiens sur les plages en été, pendant la période de nidification, dérange les parents qui peuvent finir par abandonner le nid ou les poussins. Le pluvier roux a tellement été dérangé par l’homme que l’on commence à le voir essayer de nicher dans les terres, jusqu’à une dizaine de kilomètre de la plage où il se nourrit. Il recherche des terrains plats. Ici sur Waiheke on peut le trouver sur des terrains de football, mais toutes ces tentatives de nidifications ont échouées. Pour le protéger on met en place des barrières et une signalétique de sensibilisation. Cela fait parti de mes missions avec le Native Bird Rescue et avec les rangers de Whakanaewha qui surveillent différents sites.

    Charadrius obscurus, Waiheke

    Très intelligent le pluvier adapte son comportement en fonction du votre. Il peut venir vous surveiller dès que vous entrez dans un rayon de 80m autour du nid. Si vous vous asseyez sans menacer le nid il vous laissera probablement tranquille. Si vous vous approchez trop près il commencera par envoyer des cris d’alerte pour attirer l’attention, que vous le suiviez afin qu’il vous éloigne du nid. On entend souvent les cris avant de le voir car c’est un petit oiseau qui se fond dans le décor. Il peut même aller jusqu’à mimer d’être blessé en cas de très grande proximité avec le nid ou si vous restez trop longtemps dans les parages. Un animal blessé sera tout de suite pourchassé par un prédateur. Si vous voyez un oiseau faire cela, s’il vous plait, éloignez vous immédiatement et continuez votre chemin. Le tout en rasant l’eau au plus prêt pour éviter d’écraser un nid que vous n’auriez pas vu.

    Charadrius obscurus, Waiheke

    Pour les ornithos :
    – Charadrius est un genre qui devrait disparaître. Charadrius obscurus devrait devenir Pluviorhynchus obscurus.
    – De même, pluvier roux devrait devenir gravelot roux.
    – Le pluvier roux est pour le moment une espèce qui regroupe deux sous espèces, une sur l’île du sud, une sur l’île du nord. Pour renforcer la protection de la sous espèce de l’île du sud qui est en danger critique d’extinction avec seulement 250 oiseaux, ces deux sous espèces devraient devenir deux espèces distinctes. Pluvier roux au nord, et pluvier aquilonaire au sud.

    Si vous souhaitez en savoir plus, écoutez les sons ou voir les aires de répartitions : http://nzbirdsonline.org.nz/species/new-zealand-dotterel

    EDIT : Marie Wild vient de sortir une vidéo sur le gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrius), un petit oiseau apparenté, que l’on trouve sur les plages françaises et dont le comportement est très semblable au pluvier roux, avec les mêmes problématiques de conservation : https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=70u03WK-Lgw

    Charadrius obscurus, Waiheke



  • Premiers vols

    Premiers vols

    Juste avant de partir j’ai acheté un drône. Il est temps de lui faire prendre ses premiers vols et d’apprivoiser la bête. Les grandes plages encore vide de Waiheke sont parfaites pour cela. Voici les premières images, je vous laisse apprécier la plage d’Onetangi et de Palm vu d’en haut. 

    Palm beach, Waiheke
    Palm beach, Waiheke
    Onetangi beach, Waiheke
    Palm beach, Waiheke
    Onetangi beach, Waiheke