Bienvenue à toutes et à tous. Je m’appelle Arthur, j’ai 30 ans et pour ceux qui ne me connaissent pas, je gravite dans le monde de la photographie professionnelle depuis 10 ans maintenant. D’abord sur Epinal pendant mes études, puis Toulouse ma ville natale, et enfin ces 5 dernières années, sur Paris, où j’ai exploré les grands plateaux photo. D’abord en tant que photographe dans la mode et la beauté coiffure pour des marques comme l’Oréal ou la Haute Coiffure Française, puis comme responsable technique du numérique sur les productions publicitaires haut de gamme pour Dior, Louis Vuitton, Chanel, Cartier, Van Cleef et tant d’autres.
J’ai commencé la photo par amour de la photographie, comme passion et passe temps. Puis il a fallu gagner sa vie et je me suis peu à peu hissé dans la photographie commerciale haut de gamme. Mais en fin de compte, après réflexion, tout cela ne me ressemblait pas. Je n’avais jamais rêvé de cela. Petit je rêvais d’être herpétologue, photographe animalier, biologiste … J’avais fini par me perdre. J’aimais faire mon métier bien sur, mais sa finalité a fini par me heurter. Heurté par la folie de ce milieu, qui continue à produire toujours plus d’images, à mettre des millions dans des campagnes instagram, à gaspiller sans cesse du temps, de l’argent et des compétences de gens talentueux pour vendre encore plus et toujours plus. Nous vivons une extinction de masse, les forêts brûlent, les océans meurent, et nous, qu’est-ce que nous faisons pendant ce temps là ?
J’ai toujours fais ce que je voulais, quittant l’école d’ingénieur pour la photo, changeant de ville ou de métier parce que cela ne me plaisait plu ou que j’avais envie de voir autre chose. Cherchant toujours à répondre à cette fameuse question « Quoi faire de ma vie ? ». Être inquiet de ne pas trouver de réponses. J’allais de changement en changement, sans but. Cependant, cette fois-ci, quelque chose de différent s’est produit. J’ai commencé à me demander « Qui ai-je envie d’être ? ». Qui, en tant que personne. Qu’est ce que je veux défendre ? Quelles sont mes valeurs ? Quelles sont mes inspirations ? Qui sont les gens que j’admire ? Ce « qui » a fait volé le « quoi » en éclat. Et finalement toute cette inquiétude sur le sens de ma vie s’est volatilisé. Je n’ai toujours pas de réponse au « quoi faire », mais bizarrement, cela n’a plus aucune importance. J’ai décidé d’aller d’aventures en aventures à la recherche de qui je voulais être.
En quête de sens et voulant désormais dédier ma vie à quelque chose d’utile et positif, j’ai tout quitté. Je n’ai actuellement aucune idée précise pour la suite mais cela ne me fait plus peur. Je veux découvrir de nouvelles façon de vivre, mettre la protection de l’environnement au centre de ma vie, retrouver des valeurs d’entraide, de bienveillance, de partage … En bref j’étais décidé, fini Paris, fini la pub, je pars.
Partir mais pour aller où ? Je me suis dis, soyons fous, partons au bout du monde et revenons en voilier avec de multiples escales. Le bout du monde ? C’est Aotearoa, le Pays du Long Nuage Blanc. Ou plus connu sous le nom de : La Nouvelle-Zélande. Pourquoi la Nouvelle-Zélande ? Tout simplement parce que c’est un pays où la protection de la nature est au coeur des préoccupations et que j’avais le sentiment que, même sans aucune expérience dans le domaine, que j’aurais ma chance là bas et que je pourrais découvrir qui j’ai envie d’être.

Pour ma première étape j’ai choisi Waiheke Island. Waiheke est une petite île paradisiaque au large d’Auckland, connue pour ses plages et ses vignobles. Mais ce qui, moi, m’a interpellé, c’est que c’est une île où la nature y est omniprésente. Ayant visité l’île auparavant j’avais été subjugué par ses maisons encastrées au milieu des arbres, ses nombreuses plages encore sauvages, ses différentes petites réserves, Whakanewha son magnifique parc régional, et bien sur, sa faune endémique si différente et visible à chaque coins de rues. La photo si dessous a été prise quelques dizaines de minutes après mon arrivée. Voici, Waiheke.

Tout en ayant bien moins de mérite que les premiers explorateurs, il m’aura fallu tout de même quelques heures de train, une nuit à Paris, 22h30 de vol, une escale à Singapour, une nuit à Auckland, un bus et enfin un ferry pour rejoindre Waiheke. Un sacré trajet et un total de 56h pour environ 20083km.
C’est l’esprit encore embrumé après le voyage, qu’un cri tout droit sorti de Jurassik Park m’extirpe de mon lit au matin de ma première nuit sur l’île. Quelque chose est en train de survoler la maison et si j’en crois mes oreilles, c’est un Pterodactyl. A peine le temps de sortir du lit que je le vois, posé dans l’arbre en face de la fenêtre. C’est un Kaka. Un gros perroquet Néo-zélandais. Un oiseau majestueux que l’on n’est censé croiser que rarement en Nouvelle-Zélande. Il est là, à quelques mètres, me souhaitant la bienvenue.
C’était le premier réveil du reste de ma vie, sur cette île pleine de promesses.
