Le fou austral ou Tākapu, est un magnifique oiseau des mers vivant principalement entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Après ma semaine à Tiritiri Matangi je me suis rendu à Muriwai, connue pour abriter une grande colonie, facilement accessible, de Fous Austral.
Fou Austral survolant la colonie
Vous avez peut être eu déjà l’impression de le croiser ailleurs. En effet il ressemble comme deux gouttes d’eau au Fou de Bassan que l’on trouve en France. C’est un oiseau marin impressionnant, environ 1m80 d’envergure. Majoritairement blanc avec la pointe des ailes noires et la tête jaune pâle.
Deux Fous se faisant un câlin de bienvenue.
Mais d’ailleurs, pourquoi porte-il le nom de Fou ? Si on lui a attribué ce nom, ça serait à cause de sa manière de chasser, incompréhensible des marins de l’époque. En effet, après avoir scruté l’océan depuis une certaine hauteur, il s’élance à toute vitesse, de manière complètement erratique, n’oubliant pas de faire quelques vrilles, vers l’eau dont il pénètre la surface à très grande vitesse. Puis il en ressort quelques secondes plus tard … mais sans poisson ! Il serait pas un peu fou celui là ? En fait, contrairement à la plupart des oiseaux marins, le fou avale sa proie sous l’eau. De quoi laisser les marins dubitatifs, enfin les marins Français du moins. En anglais on utilise le mot Gannet, qui n’a rien à voir avec une quelconque folie.
Un jeune Fou prenant la becqueté.
L’avantage de les observer dans une colonie est que vous y verrez plein de comportement différents. Le fameux bonjour-bisou-câlins que se font deux adultes quand l’un rentre au nid, le nourrissage des petits, les jeux d’escrime avec leur becs, les atterrissages et décollages improbables… En fonction de la période de l’année où vous visiterez, les bébés Fous seront plus ou moins grand. Jeunes ils ont un duvet blanc, qu’ils perdent après quelques mois. Comme de nombreux oiseaux marins les jeunes ont un motifs différents des adultes lors de leur premières années. Ils quitteront la colonie vers mars et partiront en mer direction l’Australie pour ne revenir dans leur colonies que leur de leur troisième année, pour y installer un nid.
Un jeune Fou, avec son duvet juvenile.
Si vous souhaitez en apprendre plus sur le Fou Austral, je vous invite à visiter le site NZ Birds Online
Kia Ora les explorateurs. Dans cet article je vous parle de Tiritiri Matangi, de la chance improbable d’y avoir fais une semaine de volontariat pour le DoC ainsi des conseils indispensables si vous souhaitez visiter. C’est une île qui regorge d’espèces d’oiseaux très rares. Vous pourrez passer du temps en tête à tête avec des kiwis ou des Tuataras, ces reptiles datant des dinosaures. Un émerveillement pour les yeux et les oreilles. Ne manquez pas la petite vidéo à la fin de l’article et mettez le son. Île très prisée, je vous raconte tout ce qu’il faut savoir pour profitez au maximum du voyage !
Tiritiri Matangi Island
Parlons un peu de l’île et de ce qu’on y trouve. Tiritiri c’est une île sanctuaire avec des plages paradisiaques et un bush fourmillant de vie. Des paysages à couper le souffle et des animaux rare en liberté partout. C’est un sanctuaire ouvert au public, située dans le golf Hauraki à seulement un ferry d’Auckland.
Hobbs beach, juste à côté de la jetée où arrive le ferry
L’île est un lieu sans prédateurs, où de nombreux programmes de reforestation et de réintroduction d’espèces ont eu lieu. Il y a quelques dizaines d’années c’était vide. J’y ai vu énormément d’espèces que je ne connaissais pas ou que je n’avais jamais vu encore, et pourtant je viens de Waiheke qui est un endroit très privilégiée pour les oiseaux natifs. Autant dire que si vous n’avez passé votre temps que sur le Mainland jusqu’à maintenant, vous allez prendre une claque.
Nz Robin, probablement le premier oiseaux qui viendra vous saluer à votre arrivée sur l’île
Pour les ornithos, les oiseaux que j’ai pu observer : Espèces rares : little spotted kiwi, Takahe, Kōkako, Hihi, Tieke, Pateke, Kākāriki, Blue pinguin… Espèces plus courantes mais que je n’avais jamais observé : Rifleman, Ruru, NZ Robin, Bellbird, White head, Brown Quail … Espèces plus communes mais que vous ne verrez pas en ville : Kereru, Silver-eye, kingfisher, Tūī, grey warbler, fantail, Eastern Rosella, pukeko… Oiseaux marins : white fronted tern, little shag, pied shag …
Il y a aussi pas mal d’espèces d’oiseaux introduits et des espèces que je n’ai pas eu la chance d’apercevoir comme le fern bird ou le Puweto. Vous trouverez plus d’explications sur le site des supporters de Tiritiri Matangi
J’ai aussi pu voir des insectes, comme le gigantesque Weta, des poissons comme le Giant Kokopu, des reptiles, dont le sphénodon ce fameux fossile vivant, ou le gecko duvaucel.
Je suis sur que j’en oubli mais vous aurez compris, il y a de quoi se faire un vrai petit safari. Un bonheur si vous aimez observer les oiseaux. Pour couronner le tout, les oiseaux sont peu peureux puisqu’ils sont habitués à l’homme et n’ont pas de prédateurs sur l’île. J’ai pu passer un tête à tête à 2m, pendant 20 minutes avec un Little Spotted Kiwi !
Faire du volontariat : Heritage & Visitors DOC Ranger
Pour faire du volontariat sur Tiritiri Matangi il vous faut vous inscrire sur le site du Department of Conservation. Attention c’est très prisé, il peut y avoir des mois de listes d’attente. J’ai appris à mes dépends qu’il n’y a aucune chance d’y faire du volontariat en débarquant à l’improviste comme je l’avais fais jusque là. Vous pouvez aussi essayer de contacter les Supporters of Tiritiri Matangi mais ça a été infructeux pour ma part.
J’ai donc décidé de m’y rendre en tant que visiteur, par chance une place dans la bunkhouse était libre en fin de semaine. J’y ai rencontré les ranger, parlant un peu de mon volontariat et les questionnant sur ce qu’étaient leurs missions sur l’île. Les différentes missions d’un ranger sur Tiritiri Matangi sont surtout axées autour de la maintenance de l’île, l’accueil des voyageurs, le nettoyage des commodités etc … Ils s’occupent aussi des Takahe et des Hihi (en hiver seulement). Tous les autres travaux de conservation et de gestion de la biodiversité sont fait par des associations ou des groupes de recherches qui travaillent sur certaines espèces présentes sur l’île.
La Bunkhouse, où séjournent volontaires, chercheurs et touristes
J’ai passé deux jours sur l’île, j’en ai pris plein les yeux. Je me demandais déjà quand revenir visiter quand l’improbable s’est produit. Juste avant de prendre le ferry du retour, les rangers sont venu me voir pour m’annoncer qu’il y avait un désistement chez les volontaires ! Ils m’ont demandé si je voulais revenir deux jours après pour venir toute une semaine ! J’étais fou d’excitation. Ils prennent en charge le trajet et l’hébergement donc juste le temps de revenir sur terre faire mes courses et c’était parti.
Mes différentes missions sur l’île furent :
Nettoyer et remplir les abreuvoirs pour les oiseaux (tous les jours)
Nettoyer le centre d’accueil des visiteurs (1 fois par semaine)
Ramasser le bois des plages pour éviter que les gens fassent des feux (3 fois)
Nettoyer les rigoles pour drainer l’évacuation de l’eau de pluie (3 fois)
Assister le nourrissage des takahe (1 fois)
Assister le nourrissage des Hihi (1 fois)
Les missions sont donc plus tournées autour de la maintenance du site. Les Heritage & Visitors ranger sont ici pour être sur que le site garde son prestige et que les visiteurs puissent en profiter. Bien qu’un peu éloigner de la conservation l’expérience fut géniale et j’y retournerai si je peux. Pourquoi ?
Parce que l’île est effectivement magique. On fini la journée quand les visiteurs partent vers 15h30, laissant plein de temps pour savourer l’île, et ce, quasiment seul ! Les oiseaux sont partout, encore plus présent quand l’île se vide des touristes. Le chant de l’île est superbe avec des dizaines d’espèces qui cohabitent et sans aucun bruit d’activité humaine aux alentours.
Ma première rencontre avec un Ruru, à l’aube. M A G I Q U E
Et puis, les gens qui travaillent là bas sont géniaux. Des profils très différents qui se dédient tous à la protection de l’île et de ses habitants. Pour vous dire, j’ai rencontré un Hihi officer qui s’occupe de nourrir et surveiller une espèce en voie d’extinction sur l’île. Des gens qui comptent les Kokako, d’autres qui surveillent les population de Petrel … Oui difficile de faire plus inspirant. Les rangers sont géniales et t’amènent sauter du ponton pour aller te baigner en fin d’après midi. Les chercheurs et les volontaires dévouent tout leur temps à faire de ce sanctuaire un endroit où la nature se sent bien. En plus, ils adorent partager leur savoir. Que ça soit les rangers, les chercheurs, ou les autres volontaires, tous m’ont énormément apportés. L’île m’a manqué au moment même où j’ai posé le pied dans le ferry.
Astuces si vous souhaitez visiter l’île.
Moi qui n’avait rien organisé et qui me suis pointé un lundi dans la marina j’avais l’air un peu bête de découvrir qu’il n’y avait pas de ferry ce jour là … Il y a quelques petites subtilités et des petites astuces à savoir si vous souhaitez visiter l’île. Il y a beaucoup d’infos mais cela vaut vraiment le coup que vous lisiez. J’ai essayé de dégrossir tout ça pour vous :
Sur l’île, à l’arrivée, on vous proposera deux marches guidées différentes. Kawarau track : plus longue et plus difficile mais vous y verrez plus de beaux paysages, elle commence par la plage pour ensuite s’enfoncer dans un vieux bushs aux très grands arbres. Wattle track, plus courte et facile, vous y verrez plus d’oiseaux car il y a des drinks stations sur le parcours.
L’après midi vous aurez le temps de faire l’autre parcours, non guidé.Vous avez le temps de faire toute la boucle sur une journée
Il y a une boutique sur l’île, la moitié de ce que vous y achetez part directement en dons pour les Supporters of Tiritiri Matangi. Ce sont majoritairement eux qui s’occupent de la conservation sur l’île. Ils font un boulot énorme. Seul vos dons ou vos achats les aident à continuer.
Oulà ça fait pas mal de chose à prendre en compte. Du coup, pour faire simple, je vous conseille vraiment de vous y prendre à l’avance, de prendre une marche guidée, acheter un petit souvenir et surtout de prendre au moins une nuit. Cela change complètement l’expérience. Vous faites bien plus que juste « reserver une autre journée ». Voici pourquoi :
Vous avez l’île pour vous quasiment seul entre 16h et 11h le lendemain.
Plus le reste de la journée normale de 11h à 15h avec les autres touristes.
Pour 30NZ$ vous allez donc rajouter 33 heures de visite (moins 2/3 heures pour dormir, pas besoin de plus voyons, il y a des Kiwis à aller découvrir)
Les oiseaux seront plus facilement observables. Moins de gens donc moins de dérangement, les oiseaux se cachent moins.
Les oiseaux sont plus actifs le matin et en fin d’après midi en général.
Vous pourrez assister au chant de l’aube. Tous les oiseaux qui se mettent à chanter au lever du soleil c’est magnifique, surtout quand il y a des bellbird et des kokako dans le coin. Vous n’entendrez pas ça sur le mainland.
Vous pourrez aller rencontrer les kiwis la nuit tombée ! J’en ai rencontré plusieurs et même passé une demie heure avec l’un d’entre eux à 2m de moi. C’est quasiment impossible de les rater. Peut être la meilleure chance de voir des kiwi sauvages en liberté.
La nuit vous pourrez aussi aller observer le Sphénodon. Ce reptile unique au monde. Personnellement c’était un de mes rêve d’enfant.
Le fameux sphénodon, un reptile unique, qui n’a quasiment pas évolué depuis l’ère des dinosaures.
Mon ultime conseil. Le combo ULTIME. C’est de réserver 3 nuits du dimanche au mercredi. Pourquoi ? Pas de touristes qui arrivent par ferry le lundi et le mardi. Résultat : une île sanctuaire rien que pour vous. Vous serez quasiment seul sur une île remplie d’oiseaux et de nature ! Vous pourrez explorer toute l’île et même revoir vos endroits préférés. Comment dire … le rêve.
En conclusion
Tiritiri Matangi c’était du bonheur à l’état pur. Le bonheur de marcher seul sur une île magnifique au petit matin ou au soleil couchant. Passer du temps avec une famille de Takahe. Entendre le chant des Kokakos et des Bellbirds qui se lèvent. Admirer les splendides couchers de soleil sur le golfe. Se baigner dans une eau turquoise. Se balader la nuit en compagnie des kiwis et des sphenodons, au chant des Ruru. Une semaine quasiment coupée du monde, en étant plongé dans une nature luxuriante. C’était juste … magique.
Si vous me croyez toujours pas, voici une petite vidéo réalisée lors de mes quelques jours sur l’île :
Prenez quelques secondes pour imaginer … Imaginez que vous accostez sur une petite île perdue aux milieux des océans … Imaginez que sur cette île, une faune et une flore unique au monde s’est développée sans aucun mammifère depuis des millions d’années et que les animaux et les plantes ont évolués sans avoir à se soucier d’eux. Les oiseaux nichent au sol, ils perdent leur capacité de voler, ils ne pondent qu’un seul oeuf tous les ans, ils n’ont jamais appris à se défendre contre des griffes ou des crocs, les arbres mettent 1000 ans à atteindre leur stade adulte… Imaginez qu’avec vous, par bêtise, vous avez amené des rats, des hermines (petits carnivores voraces), des lapins, des possums et tout un tas d’autres animaux et de plantes. Ces animaux introduits, pullulent grâce à l’abondance de nourriture et l’absence de prédateurs que cette île offre. Les nouveaux végétaux poussent à des vitesses folles et étouffent les plantes. Les mammifères dévorent la faune et la flore locale. L’équilibre de l’écosystème se brise…
Conséquences : cette faune et flore unique au monde commence à disparaître à des vitesses vertigineuses. Les espèces endémiques sont sur le bord de l’extinction. Que faîtes vous ? Quelle est votre responsabilité vis à vis de cette faune et de cette flore ? Faut-il la laisser disparaître ? La sauver ?
Ce que vous avez imaginé juste à l’instant, c’est ce qu’il se passe en Nouvelle-Zélande. 80% des espèces animales et végétales, dont la plupart ne se trouvent qu’ici dans le monde, risquent l’extinction. La Nouvelle-Zélande a alors répondu à ces questions, et ce, de manière radicale. Il a été décidé, de mettre en place un plan d’éradication total des espèces nuisibles.
En tant que français, venu ici pour protéger la biodiversité, cela parait insensé. Surtout quand on pense à notre gestion des écosystèmes … L’idée semble extrême, impossible à réaliser. Mais est-ce vraiment impossible ? Ils ont réussi à le faire sur certaine îles et péninsules. Est-ce vraiment extrême ? Il s’agit de sauver un écosystème unique, composé de milliers d’espèces endémiques en éradiquant quelques espèces communes dans le reste du monde.
Je reviendrais probablement sur cela au fur et à mesure de mon voyage tant ces questions sont complexes et que je n’arrive pas encore à trancher. Pour moi, on doit faire quelque chose même si c’est un échec de devoir en arriver là. Les animaux et plantes introduits ne sont bien sur pas les seuls en cause, loin de là. L’Homme est, encore une fois, la menace numéro une. Il a coupé les forêts, empoisonné les rivières, détruits les sols, chassé les nuisibles à ses cultures, envahi les espaces, importé de nouvelles espèces …
Mais je vous redemande. Que feriez vous ? Faut-il laisser disparaître cet écosystème ? Doit on sauver ce qu’il reste ? Et comment ?
Pour ceux qui veulent en savoir plus concrètement :
Les principales espèces visées sont : – Les mustélidés : belette, hermines, furet. (introduit pour lutter contre les lapins) – Les rats et souris (passagers clandestins) – Les possums (introduits pour leur fourrure) – Les hérissons qui raffolent des oeufs (introduits pour rappeler aux colons leur pays) – Les lapins, qui mangent les nouvelles pousses empêchant la forêt de repousser. – Les chats, qui sont les seuls prédateurs à pouvoir s’attaquer aux grosses espèces comme l’emblématique Kiwi et qui ont un impact énorme sur tous les autres oiseaux
Pour cela un vaste programme national a été mis en place, le Pest Free 2050. Si vous vous baladez en Nouvelle-Zélande vous verrez régulièrement des pièges au sol. Les différentes techniques d’éradications sont à base de piège à marteaux et de poisons.
– piégeages mortels instantanné des hérissons, hermines, belette, possums, chats, rat… – largage de poison par les airs contre les rats, les souris, les possums… – tir au fusils par des contractuels des lapins mais des gros mammifères aussi, introduit pour la chasse de loisir à l’époque. – piégeage au poison pour les rats et les souris.
Bonjour les explorateurs. Et oui, sacré trajet que de partir à l’autre bout du monde alors que l’on tente de mettre la protection de l’environnement au coeur de sa vie. On commence à le savoir, l’avion n’est pas très écologique. Mais saviez-vous à quel point ? Connaissez vous le rachat d’empreinte carbone ? Je vous explique tout.
Pour vous donner une idée, si l’on suit les recommandations du GIEC, le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat fondé par l’ONU, on devrait ne faire que 2 vols aller-retours longs courriers au cours de notre vie. Toujours selon le GIEC, si nous voulons limiter les catastrophes écologiques futures, nous avons chacun, un budget annuel de 2 tonnes de CO2 pour l’ensemble de nos activités (transports, habitation, alimentation, biens, services etc …). Le transport de loisir est censé représenter une toute petite partie de ce budget. On parle au très grand maximum de 10%, soit 200kg. 200kg de CO2 par an c’est quoi ? C’est environ 1500km en voiture, un aller-retour Toulouse-Paris en gros. Ce n’est pas grand chose… Pour comparer, un aller-retour en avion jusqu’en Nouvelle-Zélande, émet environ 7000kg de CO2. Soit l’ensemble du budget de transport de loisir pour 35 ans ! Un road trip en Europe de 30000km dans un véhicule récent émet environ 4000kg de CO2, soit 20 années de budget. Je ne sais pas vous, mais moi, ça me donne des vertiges …
Personnellement je suis parti dans l’idée que ce vol était mon dernier. J’ai envie de traverser les mers en voilier, redécouvrir l’âme du voyage, prendre le temps de me perdre. Je me disais que toutes les heures de volontariat et une nouvelle vie en toute simplicité compenserait ce vol mais je me suis tout de même penché sur une solution pour réduire son impact. Faire quelque chose de positif pour compenser ce négatif. J’ai alors découvert le rachat d’empreinte carbone.
Un rachat d’empreinte carbone ? L’idée c’est de planter des arbres pour capturer l’équivalent du CO2 que l’on a émis. En effet, pour grandir, les arbres ont besoin de puiser le carbone contenu dans l’air. C’est d’ailleurs grâce à ce phénomène qu’ils nous donnent l’oxygène que nous respirons. Le carbone restera piégé dans l’arbre pour des décennies (voir des siècles ou des millénaires selon l’espèce), et ce, même après sa mort. Et oui le bois que l’on utilise pour construire des meubles ou une maison contient toujours ce carbone qui a été piégé par l’arbre.
Pour couronner le tout, la forêt est la maison de millions d’espèces à travers le monde.
Une façon simple de rendre son trajet moins impactant est donc de faire un don à une association qui plante des forêts. D’accord, mais combien doit-on donner ? D’après le calculateur de co2.myclimate, pour compenser un aller-retour en Nouvelle-Zélande nous devrions donner environ 200€. Sachant que 66% est déductible de vos impôts, cela vous coûtera 70€. Personnellement j’ai donné un peu plus, pour que l’action soit positive et ne fasse pas que ramener le compteur carbone à zéro. L’idée semble géniale mais il y a un mais, voir deux :
-> Premièrement, ce n’est pas un remède miracle. Les arbres plantés aujourd’hui mettront des dizaines d’années pour stocker le co2 émis. Alors que c’est dès aujourd’hui que nous devons agir. Ensuite, c’est tout simplement impossible de planter suffisamment pour compenser l’impact de toute l’activité humaine mondiale. Et enfin, par ce moyen nous ne faisons que compenser le CO2, les activitées humaines produisent de nombreux autres déchets et polluants.
-> Deuxièmement, il faut faire attention à ce que l’association choisie fasse de la reforestation durable, avec des essences variées, locales et plantées en respectant les écosystèmes. Sinon ce sont de nouveaux problèmes en perspective … Ne connaissant pas bien les différentes associations, j’irais probablement vers le programme de reforestation du WWF.
Cette fois-ci, plutôt que de planter des arbres j’ai décidé de compenser de manière un peu différente en faisant un don à une association française qui crée des sanctuaires de vie sauvage : l’ASPAS
C’est peu connu mais la majorité de la nature est privée en France. Les gens qui possèdent des forêts, des étangs ou des parcelles cherchent donc à les rentabiliser. Ils vont donc vendre le bois, ou la possibilité de chasser et de pécher sur leur terres. La chasse, particulièrement, est devenue un véritable business avec de nombreuses dérives, et ce, même dans des endroits que l’on pense protégé comme les réserves naturelles. C’est là qu’intervient l’ASPAS, qui rachète des hectares de nature pour les laisser à eux mêmes. Pas de pêche, de chasse ou de sylviculture. Juste un sanctuaire de vie sauvage comme la France n’en a que trop peu. En ce moment ils ont cet énorme projet d’acheter 500 hectares dans le Vercors.
Je me demandais souvent quand j’étais coincé à Paris, ce que je pouvais faire concrètement pour aider l’environnement. Faire des dons à ce genre d’associations est un moyen concret et facile pour rendre le monde un peu meilleur. Il y a des tas d’associations dans la protection de l’environnement, partout autour de nous, nous n’avons plus qu’à choisir celle qui nous plait. Si vous n’avez pas d’idées vous pouvez aussi participer à mon projet (ou même faire les deux soyons fous).
Pour conclure, malheureusement, non, on ne peut pas compenser réellement son voyage en rachetant son empreinte carbone. J’avoue que je ne l’ai découvert qu’en écrivant l’article. Changer sa façon de vivre reste donc la clé. Pour aller plus loin, vous pouvez même calculer votre empreinte globale. Cela aide à réaliser tout le chemin que l’on doit parcourir. Et puis, même si ce n’est pas une solution parfaite, vous pouvez continuer de compenser le tout en attendant.
J’espère que cet article vous a plu et que vous aurez appris des choses. Je vous attends dans les commentaires pour en parler. Bon voyage à toutes et à tous.
EDIT : l’APSAS a réussi à réunir les fonds à temps ! La France va donc avoir un nouveau refuge de 500 hectares pour la faune et la flore sauvage !
Bienvenue à toutes et à tous. Je m’appelle Arthur, j’ai 30 ans et pour ceux qui ne me connaissent pas, je gravite dans le monde de la photographie professionnelle depuis 10 ans maintenant. D’abord sur Epinal pendant mes études, puis Toulouse ma ville natale, et enfin ces 5 dernières années, sur Paris, où j’ai exploré les grands plateaux photo. D’abord en tant que photographe dans la mode et la beauté coiffure pour des marques comme l’Oréal ou la Haute Coiffure Française, puis comme responsable technique du numérique sur les productions publicitaires haut de gamme pour Dior, Louis Vuitton, Chanel, Cartier, Van Cleef et tant d’autres.
J’ai commencé la photo par amour de la photographie, comme passion et passe temps. Puis il a fallu gagner sa vie et je me suis peu à peu hissé dans la photographie commerciale haut de gamme. Mais en fin de compte, après réflexion, tout cela ne me ressemblait pas. Je n’avais jamais rêvé de cela. Petit je rêvais d’être herpétologue, photographe animalier, biologiste … J’avais fini par me perdre. J’aimais faire mon métier bien sur, mais sa finalité a fini par me heurter. Heurté par la folie de ce milieu, qui continue à produire toujours plus d’images, à mettre des millions dans des campagnes instagram, à gaspiller sans cesse du temps, de l’argent et des compétences de gens talentueux pour vendre encore plus et toujours plus. Nous vivons une extinction de masse, les forêts brûlent, les océans meurent, et nous, qu’est-ce que nous faisons pendant ce temps là ?
J’ai toujours fais ce que je voulais, quittant l’école d’ingénieur pour la photo, changeant de ville ou de métier parce que cela ne me plaisait plu ou que j’avais envie de voir autre chose. Cherchant toujours à répondre à cette fameuse question « Quoi faire de ma vie ? ». Être inquiet de ne pas trouver de réponses. J’allais de changement en changement, sans but. Cependant, cette fois-ci, quelque chose de différent s’est produit. J’ai commencé à me demander « Qui ai-je envie d’être ? ». Qui, en tant que personne. Qu’est ce que je veux défendre ? Quelles sont mes valeurs ? Quelles sont mes inspirations ? Qui sont les gens que j’admire ? Ce « qui » a fait volé le « quoi » en éclat. Et finalement toute cette inquiétude sur le sens de ma vie s’est volatilisé. Je n’ai toujours pas de réponse au « quoi faire », mais bizarrement, cela n’a plus aucune importance. J’ai décidé d’aller d’aventures en aventures à la recherche de qui je voulais être.
En quête de sens et voulant désormais dédier ma vie à quelque chose d’utile et positif, j’ai tout quitté. Je n’ai actuellement aucune idée précise pour la suite mais cela ne me fait plus peur. Je veux découvrir de nouvelles façon de vivre, mettre la protection de l’environnement au centre de ma vie, retrouver des valeurs d’entraide, de bienveillance, de partage … En bref j’étais décidé, fini Paris, fini la pub, je pars.
Partir mais pour aller où ? Je me suis dis, soyons fous, partons au bout du monde et revenons en voilier avec de multiples escales. Le bout du monde ? C’est Aotearoa, le Pays du Long Nuage Blanc. Ou plus connu sous le nom de : La Nouvelle-Zélande. Pourquoi la Nouvelle-Zélande ? Tout simplement parce que c’est un pays où la protection de la nature est au coeur des préoccupations et que j’avais le sentiment que, même sans aucune expérience dans le domaine, que j’aurais ma chance là bas et que je pourrais découvrir qui j’ai envie d’être.
Aotearoa
Pour ma première étape j’ai choisi Waiheke Island. Waiheke est une petite île paradisiaque au large d’Auckland, connue pour ses plages et ses vignobles. Mais ce qui, moi, m’a interpellé, c’est que c’est une île où la nature y est omniprésente. Ayant visité l’île auparavant j’avais été subjugué par ses maisons encastrées au milieu des arbres, ses nombreuses plages encore sauvages, ses différentes petites réserves, Whakanewha son magnifique parc régional, et bien sur, sa faune endémique si différente et visible à chaque coins de rues. La photo si dessous a été prise quelques dizaines de minutes après mon arrivée. Voici, Waiheke.
Onetangi beach in Waiheke
Tout en ayant bien moins de mérite que les premiers explorateurs, il m’aura fallu tout de même quelques heures de train, une nuit à Paris, 22h30 de vol, une escale à Singapour, une nuit à Auckland, un bus et enfin un ferry pour rejoindre Waiheke. Un sacré trajet et un total de 56h pour environ 20083km.
C’est l’esprit encore embrumé après le voyage, qu’un cri tout droit sorti de Jurassik Park m’extirpe de mon lit au matin de ma première nuit sur l’île. Quelque chose est en train de survoler la maison et si j’en crois mes oreilles, c’est un Pterodactyl. A peine le temps de sortir du lit que je le vois, posé dans l’arbre en face de la fenêtre. C’est un Kaka. Un gros perroquet Néo-zélandais. Un oiseau majestueux que l’on n’est censé croiser que rarement en Nouvelle-Zélande. Il est là, à quelques mètres, me souhaitant la bienvenue.
C’était le premier réveil du reste de ma vie, sur cette île pleine de promesses.